[Guest] The day after tomorrow

Nous vous avions parlé au début de ce blog que nous aurions aimé mettre en place un système de guest blogging (parce qu’on est un peu des feignasses alors si d’autres peuvent écrire pour maintenir le site un peu vivant, tant mieux) – pour essayer d’avoir un aspect un peu plus communautaire, et parce qu’on est pas forcément les seuls à avoir des choses à partager. L’idée est simple : tu as envie de raconter quelque chose au niveau de ton doctorat ou autre ? Nos portes sont ouvertes. Et contre tout attente, nous avons l’immense plaisir d’avoir une volontaire, pleine d’enthousiasme et de courage. ET SA FAY ZIZIR. Laissons maintenant la parole à Annie.

***

The Day After Tomorrow

Je vous arrête tout de suite, vous qui me lisez ! Ceci n’est pas une critique cinoche sur le film d’anticipation de ce bon vieux Robert Emmerich. Certes, je peux très bien le faire mais le but de mon propos est autre.

Je veux bien évidemment parler…  de l’après fac. Oui les jours qui suivent l’obtention du diplôme, la fête, l’alcool et autres excès quoi. Après un master en sciences, il y en a qui s’engagent pour une thèse suite aux fameux concours « MRT » (comme nos deux comparses), ceux qui trouvent du boulot et puis les autres. Moi je fais partie « des autres ».

Pour resituer, je vais brièvement me présenter et exposer mon parcours. J’ai effectué un master Biochimie, Biologie Moléculaire et Cellulaire parcours Immunologie & Inflammation que j’ai obtenu en juin 2012 à l’université de Strasbourg. Pourquoi ce master ? Tout simplement parce que le domaine de la biologie m’a toujours passionné, en particulier l’immunologie, qui elle, me fascine. J’ai voulu avoir un aperçu de la vie de labo, j’ai donc fait un stage d’été en 2010 à l’Institut de Biologie Cellulaire et Moléculaire de Strasbourg à la fin de la licence. J’ai eu l’immense honneur de travailler dans le laboratoire dirigé par Jules Hoffmann (qui a reçu par la suite le prix Nobel de médecine en 2011 pour ceux qui n’étaient pas sur Terre). Ce laboratoire assez prestigieux pour les biologistes moléculaires accueille beaucoup d’étrangers. J’ai vraiment constaté l’importance de l’anglais dans le monde de la recherche. L’équipe où j’ai fait mon stage était composée de Japonais, Coréens, Chinois, d’Anglais. La langue universelle était donc de rigueur. En plus des techniques de labo, j’ai découvert les différents corps de métiers dans la recherche, du technicien au directeur de recherche en passant par le maître de conférences universitaire.

Avant d’effectuer ce master, j’avais déjà le projet d’effectuer une thèse. Arrivée en master 2, j’ai effectué un stage de 9 mois au sein de l’Institut de Neurosciences Cellulaires et Intégratives où j’ai étudié une protéine du VIH-1.  Faire une thèse par la suite m’a paru évident, je voulais faire de la recherche et je ne me voyais pas faire autre chose. Mais dans la vie, les choses ne se passent JAMAIS comme prévu…

Le laboratoire où j’étais en master 2 n’avait pas de financement pour un étudiant en thèse et bien que j’ai eu la mention « Assez Bien » au master, je n’ai pas pu être qualifiée pour la MRT. C’est alors que la galère tout le processus de recherche de thèses commença. J’ai écumé les sites Internet spécialisés (Intelli’agence, NatureJobs, la FENS, phdportal et j’en passe), j’ai postulé à bons nombres de « phd applications » et à des annonces de thèses que ce soit en France ou de Navarre (Suisse, Allemagne, Luxembourg, Canada…).

 

Tank matrix

Quelle galère !

Je dois avouer que l’idée probable de quitter Strasbourg m’a fait un pincement au cœur. Ce n’est pas évident de se dire du jour au lendemain de quitter son microcosme et ses habitudes. Mais quand faut y aller, faut y aller ! Si mes calculs sont exacts, j’ai envoyé plus de 50 candidatures de thèse, que ce soit spontanée ou non. Parmi ces 50 candidatures, 60% d’entre elles n’ont jamais eu de réponses, malgré mes rappels de mails ou mes coups de fils. Sur les 40% autres, 60% de réponses négatives. J’ai quand même obtenu quelques entretiens. J’ai eu deux types d’entretiens. Celles que je qualifierai de « pertinentes » et « non pertinentes ». Commençons par les plus ironiques… les « non pertinentes ». Ces entretiens ont juste un but : mettre un visage sur la candidature (je ne plaisante pas !). La fin de ces entretiens a toujours été ponctuée de « Votre candidature est très intéressante mais malheureusement notre laboratoire ne dispose de pas financement pour un projet de thèse »… BLA BLA BLA BLA, c’est à ce moment précis que je sors mon plus beau sourire agrémenté d’un « je reste à votre disposition si vous voulez d’amples informations » et que je sors du labo complètement dépitée.

i_want_you

I want you …. but i don’t have the money

Les entretiens dits « Pertinents » ressemblent plus à l’entretien classique, entendez par là qu’il y a une possibilité de thèse à la sortie. Je me suis donc déplacée dans quelques villes par mes propres moyens (…) et au Luxembourg, qui m’ont payé le déplacement et l’hébergement. Ces entretiens ne se sont pas suivis et ne se sont pas ressemblés et je ne vais pas m’étayer davantage sur ça. On m’a par exemple demandé de présenter sous forme de power point mon sujet de recherche de master 2 et d’exposer mon projet professionnel suite à la thèse. Dans un autre laboratoire on m’a demandé de faire une présentation d’un sujet qui m’était totalement inconnu, 30 minutes montre en main et en anglais.

Dark vador entretien

Un entretien pas comme les autres

Au final, ces entretiens n’ont jamais abouti. Au bout du nième échec et après avoir essuyé toutes les larmes de son corps, c’est là qu’on se pose les vrais questions. «Est-ce que je vais encore chercher une thèse ? » « Qu’est-ce que je peux faire d’autre dans ma vie que de la recherche ? » « La pilule bleue ou la pilule rouge ? » « Les francs-maçons gouvernent ils le monde ? ». J’ai donc effectué une phase d’introspection où j’ai fait un bilan de ces derniers mois.  Après de longues, très longues réflexions, j’en ai conclu que l’idée de faire une thèse ne me séduisait plus comme à l’époque et que ça ne servirait à rien de faire une thèse si on n’est pas passionné à 200%. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter tout simplement de rechercher une thèse et de me concentrer désormais sur un nouveau projet professionnel… Mais ceci est une autre histoire.

Annie

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5 Commentaires

Classé dans Invités

5 réponses à “[Guest] The day after tomorrow

  1. Annie T.

    Nom de Zeus, j’avais oublié que j’ai laissé ma trace sur OSAG 🙂

  2. Annie_T

    Oh que oui Lionel! C’était une question rhétorique…

  3. Lionel M

    Oui, les Francs Maçons gouvernent le monde…

    Bises à tous
    LM

  4. Delphine

    Rires et amertume à la lecture de ton article … ❤
    Très sympa cette idée de guest, je poserai sûrement ma candidature pour faire partie de ce club très select.

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