[Guest] Bref, je me suis lancée dans l’organisation de la journée de l’école doctorale.

La célèbre rubrique « Guest » de notre blog fait son grand retour ! Et avec une invitée qui n’est pas vraiment nouvelle puisqu’elle avait déjà eu la joie, que dis-je, l’immense plaisir d’écrire chez OSAG en Octobre dernier ; je veux bien entendue parler de Delphine « Je suis passionnée de moustiques et de parasites dégueux ». Cette fois-ci, elle nous raconte comment elle s’est lancée dans une aventure des plus rocambolesques, que peu auraient osé faire… Mais cessons de suite le teasing, place au récit !

***

Pfiouuu. Par où commencer… Peut-être par le mail de notre école doctorale (l’ED, comme on dit par chez nous) 414 de Strasbourg, celle des Sciences de la vie et de la Santé (ça sonne bien, hein ^^). Fin Novembre à la louche donc, je reçois ce mail comme tous les autres doctorants de l’ED 414 faisant un appel à candidature pour organiser la dite journée, avec une tripotée d’heures validées à la clé. Hm hm… Allez. Pourquoi pas. Je réponds au mail.

« Ouais, grave, j’ai joyeusement envie de me lancer dans l’organisation d’un truc qui me dépasse complètement. »

Bien. Première réunion en Décembre, avec le D-day de l’ED-day prévu le 19 Février. Avec les vacances de Noël / nouvel an au milieu, histoire de nous pourrir avec personne de disponible et tout et tout. On n’est pas toutes présentes à notre première réunion, du coup c’est déjà un peu relou. Ah oui parce que l’organisation est une affaire de filles apparemment (*toussote*). L’organisation de l’ED day reposait sur les frêles épaules de 5 autres doctorantes et moi-même, du même Institut ou pas du tout, coachées par un chercheur, Luc, et un personnel de l’ED qui nous a aidées à gérer le budget, Mélanie.

Au fur et à mesure des réunions, les personnalités des nanas de la dream team se dévoilent. Celle-ci est discrète et suggère ses idées avec tact et subtilité. Celle-là y va franco mais ça passe. Une autre suggère des trucs nuls mais on arrive à lui dire qu’on n’y croit pas un seul instant. Cette meuf est grave chiante, elle peut avoir raison par moments et je l’en remercie, mais merde il y a une façon de faire et de dire les choses quoi… Et là je réalise à quel point ce n’est pas uniquement une formation qui nous teache comment organiser un mini-congrès, mais aussi à travailler en équipe avec des gens qu’on ne connaît absolument pas.

« Quand quelqu’une propose que l’on vienne toutes à la journée en mode brushing, robe et talons. »

Mais donc en fait c’est quoi l’ED day ? Alors le but, c’est de réunir les doctorants travaillant vaguement sur le même thème (Vie et Santé, ce qui est super méga large) pendant une journée qu’on espère assez cool, au collège doctoral européen. La majorité du planning de la journée est consacrée aux travaux des doctorants eux-mêmes avec monologue sur leurs projets et questions pour finir en beauté, mais pas que. Il y aussi les pauses café (« coffee break », pour faire plus classe), pause avenir, pause manger et pause pipi. Je ne m’étendrai pas particulièrement sur la pause pipi, bien qu’elle soit bénéfique.

ð  La pause café : alors là j’ai pas grand-chose à dire car ce n’était pas compris dans mes fonctions principales de la journée. Next.

ð  La pause manger : un sacré flou artistique, mais comme c’est difficilement imaginable. Laissez-moi vous expliquer. Dans les mails savamment écrits et validés avant envoi aux doctorants, il était précisé que l’inscription à la journée devait se faire en deux fois. EN DEUX FOIS, parce que deux, c’est mieux que un. Non bon en vrai c’était juste pour un souci de logistique, une première inscription devant se faire sur le site de l’ED lui-même puisque des heures de formation sont validées, mais aussi par mail. Eh oui, parce que nous autres gueuses organisatrices, n’avons bien sûr pas accès aux inscriptions enregistrées par le dit site de l’ED. Alors OK, s’inscrire deux fois c’est relou, mais c’est pas la mort non plus. Ça prend 10 secondes de plus. Et à l’époque, nous n’en étions pas conscientes, mais cela allait être à la source d’un terrible moment de discorde lors de l’ED day, que je vous dévoile maintenant en pondant ce pavé : nous sommes mardi, 18h30, et il faut être fin prête pour le lendemain, et en tant qu’une des responsables des badges nominatifs des participants, je réalise un truc affreux, en questionnant Mélanie. Mais vraiment. Trente. Oui, trente personnes ne se sont inscrites que sur le site de l’ED, dont nous ignorions donc l’existence, même à l’état de cellule-œuf. Ce qui implique que je suis censée mourir d’envie de lancer à l’arrache l’impression de trente nouveaux badges pour le lendemain, avec tout plein de mésaventures.

Genre : c’est quoi ça, son nom ou son prénom ? Mais il s’est inscrit au buffet ou pas ? Lui il voulait faire un oral mais on a jamais reçu son abstract !!! C’est vraiment ça son prénom ou ya une faute de frappe ? Et merde, j’ai lancé les impressions des badges de (excusez-moi, mais j’étais vraiment stressée) ces handicapés dans le mauvais sens. Et le pire, c’est qu’on nous l’a reproché : « pourquoi mon nom est sur le côté ? Le support est fait pour un papier en portrait et mon prénom est en paysage, ça ne me plaît pas. » Bah ouais bah c’est la vie, t’avais qu’à apprendre à lire toutes les phrases du mail et gérer ton inscription correctement ma grande. Du coup le truc qui le fait pas, c’est qu’on (voilà, on y vient, au flou artistique annoncé) se retrouve avec un buffet loin d’être assez garni puisque nous étions bien plus nombreux que prévu. On nous l’a fait remarquer, et même si c’était chiant alors qu’on a passé plein de temps et d’énergie à organiser ce truc, j’étais bien d’accord que ne pas manger à sa faim, c’est pas cool.

Il semblerait qu’un buffet prévu pour 70 personnes ne suffise pas pour 100.

Je me suis moi-même sacrifiée pour laisser un bout de pain surprise à une personne mal inscrite… Haha, non en fait c’était un choix purement égoïste afin d’éviter une éventuelle allergie alimentaire pustuleuse, parce que quand même, j’allais pas me permettre d’être plus moche que mes cernes alors que j’avais un joli badge bleu = couleur de l’équipe organisatrice.

ð  La pause avenir : articulée autour de trois moments dans la journée. Il y a eu d’abord l’intervention de différentes associations d’étudiants doctorants pour les renseigner sur euh ben je sais pas trop, vu que j’étais responsable de l’animation « speed-dating scientifique » en parallèle… Ensuite, sur les conseils de différents collègues THESARDS, j’ai invité un monsieur pour une conférence de 45 minutes basée sur sa propre expérience dans la recherche publique et privée. Super sympa, accessible, ouvert, c’était un plaisir d’échanger avec ce cher Karl (« Luck happens to people who deserve it », m’a-t-il dit…). Enfin, la table ronde. Le principe étant d’inviter cinq docteurs ayant étudié en France (histoire de se projeter plus facilement dans leur parcours), ayant des carrières complètement différentes, venus pour en parler et répondre aux questions à ces ignorants de doctorants venus là parce qu’il y avait de la lumière. Et c’est là que j’ai été ravie d’avoir étendu mon réseau de diverses façons, notamment pour inviter Fafa, rencontré au ski et bossant à présent pour une boîte privée, mais aussi Muriel qui elle est secrétaire administrative d’un important institut de recherche.

FLASHBACK. Nous avons eu beaucoup plus de demandes pour des présentations orales que de créneaux humainement possibles à caser en une journée. Nous avons donc dû lire les abstracts (ndlr : les résumés des projets de chacun), plus ou moins diagonalement, pour sélectionner les meilleurs… Les meilleurs, mais aaaaah ça veut dire quoi nondidjou ? Comment je juge la pertinence de l’étude du type qui bosse sur l’impact du déplacement des mouches à merde en Amazonie du Sud sur si oui ou non, j’ose me servir de l’eau dégueu du robinet dans une flûte en guise de p’tit dèj un lundi matin par temps nuageux ? Chaud. Tiens, elle elle a un prénom cool. On fait style on évite de prendre des gens qui viennent tous du même Institut ? La parité, on s’en fout ou pas ? D’ailleurs, cette personne avec un prénom qui n’existe pas, c’est un mec ou une nana ? Ooooh, il bosse sur des petits rongeurs tout choupinous d’après Google Images, ça me tente bien. Haha, une molécule qui s’appelle kiss. Et lui, son abstract est cool mais il a mis 750 mots plutôt que les 150 autorisés, abusé non ? Pis alors elle, elle réclame de passer le matin, tu veux que je te fasse ton diaporama enroulée dans du jambon aussi ?

Parfois, même un doctorant en neuro aurait mieux rédigé un abstract que les proses qu’on a osé nous envoyer, comme un poney qu’on enverrait sur un champ de bataille sanglant.

Alors on a aussi eu le type qui est déjà docteur mais qui veut présenter, la meuf qui n’a rien compris et nous demande de valider un sujet de thèse… On a aussi le gars qui réclame de participer alors qu’il envoie son abstract MOCHE le lendemain du choix des heureux élus… *soupir en souriant et levant les yeux au ciel*

Vous avez saisi.

Pour rendre tout cela (encore plus) follement excitant, on a demandé à la foule en délire (comprenez le public, les gens venus en touristes pour regarder les présentations orales et écouter les posters, juste pour manger pas beaucoup et gratuitement) de voter pour leur oral et leur poster préféré. On a mis la remise des cadeaux le plus tard possible pour motiver les gens à rester un peu. Oui je sais, c’est très lâche, mais quand on organise un truc, on veut que les gens y soient. Les deux premiers oraux et les deux premiers posters ont eu des sous, les troisièmes une médaille en chocolat. J’ai eu les échos d’un participant mécontent qui se sentait comme une merde de ne rien avoir gagné… Le pauvre. La vie est vraiment trop cruelle, elle n’est rock’n roll que pour les autres. Demain est un autre jour, mon grand.

En conclusion, j’attends avec impatience le mail quémandant des gens assez suicidaires pour se lancer dans l’organisation de la prochaine ED day. C’était une expérience géniale, chronophage, avec des moments où on se dit qu’on aurait mieux fait de se casser le coccyx plutôt que de voir qu’on avait reçu un mail… J’ai rencontré plein de gens intéressants, des gens chiants, des gens qui avaient faim, des gens tatoués, et même des gens avec des caméras (cf le lien bonus vers le mini reportage de la journée de tous les dangers) ! Bref, un peu de tout, et il faut de tout pour faire un monde, comme dit ma grand-mère.

Mission cent millions de vues !!! C’est par là –> http://utv.u-strasbg.fr/video.php?id_video=428

Delphine

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