Of Wurscht and Beer

par Arnaud


Avant de commencer à raconter des bêtises, je tiens à m’excuser auprès de vous, très chers lecteurs, pour cette très longue absence. Non pas que vous l’ayez remarqué (ou peut-être que si), je n’ai pas écrit pour ce fantastique blog depuis le mois de Janvier ; et si vous vous rappelez bien, c’était pour vous faire de la superbe annonce de la tentative (plutôt réussie au demeurant) de sabotage de mes travaux. Autant vous dire que ma motivation en avait pris un sacré coup, tout de même (le tout mêlé à d’autres problèmes parce que la Loi de Murphy, y a que ça de vrai !) – mais là ça va un peu mieux. J’ai rangé mes lames de rasoir, arrêté de boire ma piquette avec mes céréales le matin et je dis même « bonjour » aux gens le matin ! J’en profite également pour remercier mon camarade Emilio qui a vaillamment tenu le blog (plus ou moins) à jour en mon absence. Et sache, Emilio, que toutes les fois où tu m’as dis « bordayl mais écris ton article maintenant ou je prends toute ta famille en otage » (et ton bref séjour à Guantanamo qui a suivi) ne seront bientôt que de mauvais souvenirs. Et, en guise de remerciement, je te promets que ce FAMEUX article sur La barbe d’Emilio sortira avant la fin du mois de l’été (ouais, laissez moi prendre des vacances, merde quoi) ! Que je trépasse si je faillis à ma promesse !

On est toujours là, si, si, c’est vrai !!

Alors forcément, six mois d’absence, vous vous dites que j’ai forcément plein de trucs à raconter. Et vous avez RAISON. Mais n’ayez crainte, j’en entends déjà gémir à l’idée de lire un article long d’au moins une dizaine de scrolls – il est vrai que je pourrai vous déblatérer dans le détail tout ce que ma fascinante thèse (oh, sentez-vous cette maîtrise de l’ironie) m’a apporté ces derniers mois, mais ça ressemblerait à une version encore plus affreuse d’une soirée diapos sans les diapos (et sans l’alcool pour aider à faire passer le tout). Pour vous épargner ce supplice, j’ai dû faire une sélection dans les derniers évènements survenus, et comme à l’inverse d’autres personnes, je n’ai pas de sujet aussi intéressant que le cerveau ou le sexe, le sexe ou le sexe, je vais donc vous parler de mon sujet de prédilection : les bactéries (je vous avais prévenus !).

Non mais je plaisante, bien entendu, il faut rester dans des sujets trendy par ici, si on veut continuer à rameuter du monde ! J’ai d’ailleurs été surpris de voir un nombre si « important » (à notre échelle) de visites alors que le blog n’a plus eu d’activité depuis deux mois. A croire que vous cherchiez désespérément quelque chose à lire au lieu de travailler ! Je vous comprends. J’ai moi-même épuisé toutes les bases de lolcats des internets. Toujours est-il que, il y a deux mois, j’ai été amené à participer à mon premier congrès international. Hé oui, partir à l’étranger, le délice et l’appréhension de l’inconnu, la peur du danger, de se confronter à d’autres illustres scientifiques et doctorants en galère (ce qui tient presque du pléonasme). D’autant plus que j’y allais tout seul, comme un grand. Et quelle était donc la destination de ce congrès ? Les Etats-Unis ? Le Brésil (la petite feinte pour aller voir la coupe du monde) ? La Chine ? La Suède ? L’Espagne ? Ha, que nenni de tout cela.

L’Allemagne

Ouais, et pour un Alsacien, imaginez le dépaysement ! Je veux dire, limite les alsaciens c’est un peu des allemands (ce sont les bruits qui courent, si, si) – et malgré mes origines qui n’ont rien à voir avec l’Alsace, bah de façon générale, il ne me faut pas plus de 15 minutes à vélo pour passer de l’autre côté de la frontière et entendre des gens parler dans une langue super agressive et très très moche qui rappelle les heures les plus sombres… Ha, non, pas ce genre de blagues ici, voyons. Mais encore, ça aurait pu être en Allemagne de l’Est, genre Berlin, qui est à ce qu’il paraît est une p*tain de super ville. Mais non. Mais non, voyons Arnaud. De toute façon tu ne pars pas en congrès pour faire du tourisme ou prendre des vacances (deux mots qu’on essaie de nous faire oublier depuis notre première année). Alors qu’importe l’endroit ? Qu’importe si tu dois te rendre à Wurzburg, une ville de Bavière avec moins de la moitié de la population de Strasbourg, alors que les collègues de ton équipe partent au Québec ou en Grèce ? Ce qui compte, après tout, c’est la joie de la science, de la communication, des échanges, de… Bon après, le dernier congrès auquel j’avais assisté se déroulait à 30 min. de route de mon lieu de travail, donc c’était déjà en soit un dépaysement. Et puis j’ai déjà de la chance de partir, parce que j’avais un petit quelque chose à présenter, ce n’est pas le cas de tout le monde. Il faut savoir que dans notre équipe, notre directrice ne veut pas qu’un doctorant se rende à un congrès s’il n’a pas quelque chose à présenter, que ce soit sous la forme d’une communication orale (ou comment se faire dessus à l’idée de parler de son sujet de thèse devant plus de deux cent personnes) ou d’un poster (ou comment attendre vaillamment pendant plusieurs heures qu’un autre quidam soit ne serait-ce qu’un peu intéressé par ce que vous faites). Notez que l’ajout de couleurs flashy et de filles toute nues sur un poster les rend bien plus attrayant. Alors oui, c’est scientifiquement moins acceptable, mais on peut pas tout avoir, voyez-vous.

Toujours est-il que ma directrice a parfaitement raison de prendre cette position ; non pas que je sois contre l’idée d’aller à un congrès aux bahamas sans rien faire, mais l’idée est d’être actif. Ce qui est bien sûr possible d’être sans présenter quoi que ce soit, pour peu que vous soyez très ouvert, mais la présentation/le poster a cet avantage de pousser également d’autres gens à aller vers vous et donc de favoriser le dialogue et les échanges. C’est en tout cas de cette façon que je le perçois. Toujours est-il, donc, que ma directrice m’a convoqué dans son bureau pour me parler des différents congrès disponibles (parce que nous devons au moins aller à UN congrès international et y présenter quelque chose) et qu’elle m’a dit : « Il faut que tu ailles à Wurzburg Arnaud, tu vas voir plein de microbiologistes et voir leurs travaux, ça va t’ouvrir l’esprit, puis c’est ce que tu aimes aussi. Puis faut que t’ailles représenter la ‘mif là bas, alors fais-nous un poster trop swagg pour faire croquer les allemands ‘esh ». Hé oui, on s’exprime librement par chez nous.

Alors Wurzburg, ça se présente comment ? Comme j’ai pu le laisser sous-entendre, le dépaysement pour moi n’était pas présent, même s’il faut avouer que je n’ai pas eu la chance de pouvoir vraiment visiter la bourgade puisque le sale temps a décidé de me souhaiter la bienvenue au moment même où je posais ma valise à l’hôtel. Avec l’ensemble des participants au congrès, on a néanmoins pu dîner dans la Résidence de Wurbzurg, un vieux château à la Versailles (mais en moins stylé, quand même) très joli, avec des fresques au plafond à vous décrocher la mâchoire (et pourtant je ne suis pas un fin connaisseur d’art). Il était juste dommage que le repas servi ressemblait plus à celui d’une mauvaise cantine qu’au prestigieux palais qui nous abritait. Mais c’est gratuit, peut-on vraiment se plaindre ? Ha, et tant qu’on parle de manger, parlons aussi de boisson. En fin amateur de bière que je suis, j’avais envie de profiter des quelques nuits passées là bas pour élargir mon éventail de connaissances à ce sujet. Quelle ne fut pas ma déception, lorsqu’allant dans un bar local, je lui ai demandé de m’apporter la bière la plus forte qu’il avait. Et de me retrouver avec une Pil’s au goût de flotte et plus légère qu’un panaché. Le serveur me demande « ça vous convient ? » et dans un élan d’honnêteté je lui dis que non. Il revient quelques minutes m’annoncer que cette bière là est à 4,9° – et que la plus forte qu’il peut me proposer est une blanche à 5,2°. Et j’ai compris pourquoi on dit des Allemands qu’ils sont de gros buveurs de bière. C’est juste qu’ils ont besoin d’en boire 3 litres minimum pour ressentir quelque chose. Tu leur donnes une pinte de Karmelite et c’est fini !

C’est ça, fais ta maline avec ton panaché de luxe…

Toute considération alimentaire mise à part (même si je dois dire que la grosse saucisse allemande bien grasse au petit-dej, c’est quand même extra ; et oui, si je parle de saucisse c’est juste pour valider le titre de l’article, je l’avoue), il faudrait parler science un peu, tout de même, non ? D’accord, mais juste un peu. Autant vous dire que la communauté de microbiologistes moléculaires européenne se porte bien. Ce qui me fait toujours plaisir, c’est de voir une certaine diversité de sujets, et surtout de voir des camarades travailler sur des organismes non pathogènes (il faut savoir qu’on consacre beaucoup de recherche dessus pour l’intérêt anthropocentré, alors qu’ils ne représentent que 1% de la biodiversité bactérienne connue). Je pourrai déblatérer pendant des heures là-dessus, et même si je bosse sur une bactérie pathogène avec énormément d’approches moléculaires, j’ai quand même un faible pour les bactéries aux métabolismes particuliers, et m’intéresse (m’intéressait) beaucoup aux questions d’évolution et de physiologie bactérienne. Comme ce brillant scientifique québecois (comme quoi, ils n’ont pas que des chanteurs à la ramasse et des humoristes chelous au Québec) qui à mis en évidence le lien évolutif entre différentes espèces bactériennes qui détermine la position et le nombre d’organes flagellaires synthétisés sur la cellule. Ou comme ce jeune homme qui nous montre comment une bactérie contrôle le nombre de flagelles qu’elle synthétise en fonction de la disponibilité en nutriments du milieu. Ce genre de choses qui, j’en suis sûr, vous préoccupe tous les jours. Vous y avez jamais pensé, hein, les bactéries qui vivent sur votre peau ou dans vos intestins, combien de flagelles elles synthétisent ? Sachez que je ne dors plus depuis que je me suis posé la question. Mais un jour, promis, j’aurai la réponse. Et si ça ne me donne pas un Nature et un post-doc gratuit, j’arrêterai tout !

 

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