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Le gouvernement va enterrer le Doctorat, mais il pleut et y a l’Euro alors ça va on s’en fout

par Arnaud


Vous saviez que lorsque vous allez sur le site de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, section « Doctorat », la dernière actualité en tête d’affiche date du 12 février 2015 ? Et qu’on nous parle de la finale du concours Ma Thèse en 180 Secondes… de 2014 ? C’est à croire que les rédacteurs d’OSAG ont inspiré le ministère sur le quota de productivité, que la notion d’actualité a été réformée sans que je ne sois mis au courant, ou bien que ledit ministère s’en bat les couilles du doctorat.

Oh, je crois que je connais la réponse.

Salut à tous ! C’est Arnaud, vous êtes sur le blog qui réussit à faire plus de visites en un an sans articles que lorsqu’il était alimenté régulièrement, et alors que j’avais en projets depuis plusieurs semaines – que dis-je, des mois – d’écrire par ici pour vous montrer que non, la thèse ne nous avait pas conduit, Emilio et moi-même, au suicide, voilà que j’ai trouvé une bonne raison de venir poser quelques lignes sur l’internet. Et pour ne pas changer, on va râler !

Vous n’êtes pas sans savoir que le prestige universitaire en France, c’est pas vraiment ça. Alors que l’Université est censée délivrer le plus haut diplôme qui soit dans le pays, le doctorat, ce dernier n’est pas vraiment reconnu en France, en dehors du domaine universitaire. Un problème ciblé et critiqué qui pose problème surtout car, à l’heure actuelle où les places sont de plus en plus restreintes dans les laboratoires de recherche en tous genres, la reconversion est difficile chez les entreprises car celles-ci préfèrent embaucher des ingénieurs parce que a) avoir un Bac +8/9 c’est trop de sur-qualification et b) le prestige des écoles d’ingénieurs vendu par nos chers représentants de là-haut, dans leur tour d’ivoire. Ces mêmes personnes qui s’amusent à faire des réformes à tout va depuis quelques années (l’autonomie des universités) tout en sabrant dans les postes disponibles (comme c’est le cas partout dans le domaine public), etc etc. Autant dire que l’avenir pour les doctorants et docteurs n’a jamais été très reluisant et que l’attractivité même du doctorat, des fois, vaux mieux ne pas chercher à l’expliquer. Je me rappelle très bien en 2012, lorsqu’on avait décroché notre contrat de thèse, on en rigolait en se disant qu’on serait sous-payés puis qu’on finirait au chômage. Et ce qui s’apparentait à une bonne blague grasse tirée entre deux vomis au cours d’une soirée bien trop arrosée se rapproche maintenant d’une réalité bien trop proche qu’on a pas forcément envie d’embrasser.

Mais le karma ça existe malgré tout, et la situation amusante est que, à l’étranger, le doctorat (ou PhD) est un diplôme très bien reconnu, ce qui permet d’avoir une certaine attractivité pour les laboratoires, certes, mais aussi les entreprises, qui connaissent ce diplôme et ce qu’il sous entend. Pour ça que l’on parle souvent d’exode des cerveaux : les personnes intelligentes fuient la France et il n’y a qu’à regarder le classement des meilleures ventes de livre pour s’en rendre compte (non parce qu’avoir 50 nuances de Grey et Guillaume Musso sur le podium, c’est quand même révélateur de quelque chose, hein). Oh la la, veuillez me pardonner pour cet écart condescendant d’intellectuelo-élitiste. Même si j’ai raison, et que vous le savez. Le truc rigolo, donc, c’est que les diplômes d’ingénieurs, qui sont si prisés par nos entreprises françaises, ont beaucoup plus de mal à s’affirmer, apparemment, à l’étranger. L’inverse du doctorat, donc, ce qui en soi mène vers un certain équilibre. La situation reste injuste (parce que je vois pas en quoi pour un même poste il faudrait privilégier le type qui sort d’une école d’Ing’ à un autre qui vient de passer un doctorat… et vice-versa, également !) et source d’une opposition assez farouche entre ces deux écoles, qui véhiculent des façons de penser complètement différentes et qui devraient, en vérité, se compléter au lieu de s’opposer. Je dirais pas qu’il n’y a pas d’avancées dans ce domaine d’ailleurs, mais je ne me sens pas assez renseigné là dessus pour m’avancer.

Du coup, j’en reviens au gouvernement et au culte de l’élitisme à double-vitesse. Apparemment ça a l’air de poser problème que les ingénieurs ne soient pas reconnus aussi bien à l’étranger que chez eux (les pauvres, ils ne sont pas obligés de s’expatrier pour avoir du travail ? C’est ça le raisonnement ?) et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a sorti un arrêté le 25 mai dernier pour réformer le Doctorat en tant que tel, dans un but de le revaloriser (ça, c’était la lettre d’intention) – sauf que lorsqu’on lit la chose, on se demande où se trouve la re-valorisation.


Najat

Le point qui fait le plus polémique c’est l’inscription au doctorat. Normalement réservée à des personnes titulaires d’un Master (Recherche), elle se fait sous la base d’une expérience du jeune diplômé de ce qu’est la recherche, en passant également par l’obtention d’un financement (en Sciences dures, du moins) et un accord avec un Directeur de Thèse et son laboratoire, ainsi que l’Ecole Doctorale à laquelle il est rattaché. Bah maintenant ils veulent changer ça, en autorisant l’inscription en doctorat par quiconque aura un dossier de Validation des Acquis par l’Expérience suffisant (VAE) – ouvrant donc la porte, c’est là qu’on y vient, aux diplômes des Grandes Ecoles.

Alors au début j’ai lu quelques articles d’opinions là-dessus, et j’ai vu quelques raccourcis auxquels j’ai cru, comme quoi le titre de Docteur allait être « donné » à des personnes qui n’auraient qu’à monter leur dossier de VAE, sans passer par la vraie case Doctorat (avec ce que ça implique : la rédaction d’une thèse après 3 ans de travail de recherche). Apparemment, c’est ce qui était réellement prévu au début par le texte de loi, mais ce n’est pas passé parce qu’il y a quand même encore un peu de limite dans le foutage de gueule. Mais j’ai quand même énormément de mal à comprendre l’intérêt de la chose. Que je sache, le M2 Recherche se sanctionne par un stage en laboratoire, avec une réelle appréciation du travail de recherche, et je ne suis pas sûr que c’est ce qui soit enseigné en école d’Ing. Alors il faut savoir comment la réforme peut s’effectuer concrètement. Dans le VAE, le E signifie expérience. Donc je suppose qu’il faudrait effectivement avoir une expérience plus ou moins importante (au moins quelques mois dans un labo ?) pour pouvoir ensuite prétendre à faire un doctorat. Dans ce cas, à la limite. Par contre si c’est faire un dossier en sortant de son école et passer comme ça en doctorat, laissez moi vous dire en toute courtoisie : gné ?

Valls

Le problème c’est pas de vouloir protéger une quelconque sacro-sainte institution universitaire, parce que ouais, en fonction des universités, le doctorat a aussi des raisons de pas être aussi reluisant qu’on aimerait – je crois vraiment qu’à Strasbourg on a de la chance de ce côté là. Mais est-ce que les types qui écrivent ces réformes réfléchissent ne serait-ce qu’une minute à leurs textes ? Dans l’hypothèse ou le dossier de VAE permet tout seul de pouvoir s’inscrire en doctorat, qu’est-ce qui justifiera alors de faire un Master ? Puisque de toute façon on pourra aller faire une thèse en passant par un autre diplôme qui déjà à lui tout seul t’ouvres bien plus de portes dans ton pays que ce à quoi tu aspires. Est-ce que, à l’inverse, on propose de faire de la VAE aux docteurs pour avoir un diplôme d’ingénieur ? Non ? Alors pourquoi ça serait acceptable de le faire dans l’autre sens ? Et je trouve même cette proposition quasi absurde, dans le sens que si le type sort d’une école d’ing’, il n’aura pas du tout acquis la démarche universitaire qu’on demande pour faire un travail de thèse. Quel intérêt alors pour le laboratoire ? Il ne le prendra jamais ! Je ne comprends pas cette volonté de vouloir « skipper » le M2 pour pouvoir s’inscrire en doctorat sans avoir connaissance de ce qu’est le domaine de la recherche. En plus d’être dangereux pour l’attractivité des Masters (heureusement qu’il y aura toujours l’argument financier pour contrebalancer tout ça), c’est une mesure qui dévalorise le Doctorat en permettant cette accessibilité, sur le papier du moins, à n’importe qui.

Ça fait partie de ce que plusieurs appellent de nos jours le règne de la médiocratie dans notre société, où tout doit être médiocre, c’est-à-dire dans un certain conformisme, un grand moule duquel personne ne peut s’extraire. Ça commence par le BAC qui est une vaste blague dont on parle chaque année, aux contrôles continus installés à l’Université, avec seconde session, et les semestres compensés pour être sûr que tout le monde puisse avoir des licences au rabais, puis maintenant on va sabrer les Masters et le doctorat puisqu’on aura même plus besoin d’aller à l’Université pour pouvoir y accéder. J’attends de voir ce que concrètement le gouvernement va faire avec ce texte, qui sera en application dès le 1er septembre prochain, mais j’ai quand même la sale impression que ceux qui nous gouvernent s’en battent les couilles d’une violence assez édifiante sur l’avenir de leur système Universitaire. J’espère vraiment qu’un jour ces guignols vont comprendre que la recherche c’est un moteur essentiel pour faire avancer un pays et qu’il faut la mettre en avant et lui donner des moyens au lieu de la plomber sous des notions de « productivité » ou de « compétitivité » qui n’ont absolument aucun sens quand on ne donne PAS de quoi être productif NI compétitif.

Alors si vous lisez ce papier, sachez également que je ne suis peut être pas le plus éclairé sur cette question et que je peux me tromper, ce pour quoi j’aimerai bien avoir une discussion là dessus. Si tant est que quelqu’un en ait quelque chose à foutre. Parce que l’absence d’articles sur ce blog exceptée, j’ai quand même l’impression que la priorité en ce moment – et depuis longtemps – c’est pas le devenir du secteur Universitaire en France. Apparemment, la pluie, le beau temps, et des mecs qui courent après un ballon, c’est plus intéressant.

P’tet que la solution c’est d’aller monter un dossier de VAE pour devenir footballeur professionnel. En fait.

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Fondement métaphysique de la connerie

par Emilio.

Vous savez d’où j’écris cet article ? D’une putain de salle de TP.

« Mais comment ça Emilio ? Tu écris un article pour OSAG pendant que tu donnes un TP ? Mais t’es inconscient ? T’es con ou t’es juste un mauvais prof ? ». Calmez vos ardeurs d’été et laissez-moi exprimer le fond ma pensée : je vous écris d’une salle de TP vide. « Mais c’est encore plus con en fait, pourquoi tu bosses pas au labo ? » . Mais j’aimerais y être figure toi, j’aimerais sincèrement. Alors, voix dans ma tête censée représenter la pensée des lecteurs, laisse-moi avant tout clarifier les choses.

Être moniteur à la fac fait parti des trucs cools de ma vie. J’enseigne à des gens à peine plus jeunes que moi des concepts biologiques poussés que j’ai révisé la veille (ou l’heure) avant le TP. Cela permet d’une part de se confronter directement à un des piliers du savoir qui est sa transmission, mais également d’augmenter sensiblement son salaire mensuel, ce qui permet de prendre l’option « lecteur CD » sur sa voiture à crédit. C’est une part enrichissante du boulot de doctorant, et je conseille à tout le monde de s’y confronter, ne serait-ce que pour voir si le métier d’enseignant-chercheur est fait pour vous. Dans la masse informe des Kevin et autres Laetitia que forment mes étudiants, on peut même être aux premières loges pour assister à l’éclosion d’une vocation, d’un rêve (que l’on s’empressera de briser à coup de dure réalité), d’un désir de connaissance. Et ça, c’est vraiment le pied. Pouvoir fournir des réponses à des étudiants qui se posent pleins de questions équivaut à être une truie qui nourrit au sein sa portée gigantesque de porcelets : un juste sentiment du devoir accompli,  doublé d’une certaine fierté. En réalité je vous le dis, si l’enseignement supérieur ne tenait qu’à la simple, sincère et respectueuse relation qui lie l’enseignant à ses étudiants nous serions probablement en tête des pays développés, notre IDH serait au top, nous aurions 5 points de croissance par année, le SIDA serait guérit, Cristophe Maé arrêterait la musique et les gens se mettraient à de nouveau à porter des redingotes (qui est vous en conviendrez le meilleur vêtement existant à l’heure actuelle sur Terre).

AAHHHH OUAIISSSS  !!! Abreuvez-vous de mon savoir vils étudiants de Licence !!

AAHHHH OUAIISSSS !!! Abreuvez-vous de mon savoir vils étudiants de Licence !!

Mais voilà, comme partout ailleurs, rien ne va. La raison pour laquelle je vous écris d’une salle de TP vide résume parfaitement la manière dont est gérée l’Université à l’heure actuelle : un mélange d’oublis volontaires, de je-m’en-foutisme et de paresse. Je vous écris d’une salle de TP vide parce que des gens ont oublié de me prévenir que le TP que je devais assurer a été annulé. Voila. Pas de mails. Pas de coups de téléphones. Rien. Le néant. Le vide. L’équivalent du talent de Maitre Gims.

J’ai 42 000 analyses à finir, j’ai un poster à préparer pour lundi prochain, je me déplace en bravant le code de la route jusqu’au campus central pour me retrouver devant une salle remplie de chaises vides. Je pourrais retourner là où je bosse, mais contrairement à d’autres thésards qui peuvent se le permettre, je travaille loin du bâtiment où ont lieu les cours, et le temps de faire le trajet je devrais déjà repartir pour le TP suivant (qui j’espère aura lieu, croisons les doigts !!!). Personne, à aucun moment, ne s’est soucié de savoir si j’étais mis au courant du changement de programme. Personne ne s’est même soucié de savoir si je possédais les clés pour ouvrir la salle !! J’ai dû batailler avec les « charmantes » dames de l’administration pour qu’elles daignent m’ouvrir la porte, sous une pluie de « C’est à votre responsable de vous les fournir, c’est vraiment parce qu’on est sympas avec vous », « donnez-moi votre nom, au cas où… » et « fallait s’inquiéter avant ». NON, bordel. C’est pas à moi de m’inquiéter avant, c’est au responsable du cours ! Je pourrais en avoir rien à faire, décider que porte close équivaut à un cours annulé, et rentrer peinard chez moi pour mater la fin de la saison 2 de Vikings en buvant une bière, pour enfin savoir si le roi Horik va décider ou non de trahir Ragnar Lothbrok !!!!

"Bonjour à tous, aujourd'hui je vais dessiner des bites au tableau en attendant que vous vous décidiez à apparaitre"

« Bonjour à tous, aujourd’hui je vais dessiner des bites au tableau en attendant que vous vous décidiez à apparaitre »

Donc en attendant, je perds du temps en écrivant un article de haine (parce que oui, j’ai un peu la haine) au lieu de bosser sur ma thèse. Et non, j’ai pas tous les documents de ma thèse sur mon ordi portable. Et non, j’ai pas encore décidé d’user du Cloud pour pouvoir avoir accès à tous mes documents en toute heure et en tout lieu. Et non, les tortellinis aux poivrons et ricotta c’est pas une super idée.
Je lis donc des articles inutiles, réfléchissant à des parties inutiles de ma thèse au lieu de me consacrer sur mes analyses… Et dire que mon comité de suivi de thèse m’a très gentiment fait prendre conscience ce matin même que je devais me bouger le c*l sous peine de me retrouver avec une soutenance correspondant à un exposé de 5ème sur la grenouille. Damned, que j’aime la fac…

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2K14

Hé oui, si vous nous suivez depuis un peu plus d’un an (ce qui techniquement, est impossible si vous ne vous appelez pas Annie T. puisqu’elle était la seule à nous lire à ce moment là – ou presque, manifestez-vous !!), vous aurez remarqué la similitude du titre de cet article avec celui que j’avais sobrement intitulé « 2K13 ». J’espère que la bande de canailles que vous êtes aura réussi à déchiffrer habilement ce petit code de chiffres et de lettres et oui, 2K13 ça fait bien KK13, et c’était juste une façon simple mais déguisée de continuer à mettre le mot « caca » sur notre blog histoire d’augmenter notre référencement (parce qu’on est premier pour « thèse de biologie » mais pas encore pour « caca » et c’est très frustrant) et surtout de se faire bien voir par nos confrères scientifiques qui passent par là (et il y en a, Ô joie !) et qui se disent « ha voilà un blog très intéressant, il y a des sujets très divers et… » *regarde le nuage de tags* « … et qui est en fait tenu par des lycéens avec un certain retard mental ». C’est comme Emilio qui me disait l’autre jour avoir croisé sa directrice de thèse dans le couloir, et qu’elle lui avait dit « Ha, Emilio, très bien ton article sur le caca, j’ai adoré ! » et j’ai pas très bien compris de QUEL article elle parlait, il y en a tellement.

Mais trêves de divagations (vous savez comme j’aime vous perdre par ma verve hardie) !! L’an dernier, j’avais voulu faire un petit bilan de comment je ressentais ma thèse au bout de 3 petits mois. L’occasion encore une fois de se lamenter un petit peu en racontant Ô combien certaines journées sont frustrantes, comment le café c’est important, et comment il faut avoir des discussions avec les gens et tout et tout. Point de redite cette année, non ! Pour certaines raisons assez simples : tout simplement parce que la thèse c’est toujours un peu pareil depuis Janvier – par rapport à la frustration et tout (même si bien évidemment j’ai progressé sur mon sujet, j’ai des résultats d’expériences, mais là n’est pas la question), mais surtout que je ne bois plus de café (parce que mon médecin me l’a déconseillé et que, il faut être franc, ça donne envie de faire caca très vite — YEP ! Encore une fois placé dans un article youuhouuuu) ! Cette année je préfèrerais plutôt faire une liste de souhaits pour les douze mois à venir ! Que pourrait nous apporter 2014 ? Que pourrait VOUS apporter 2014 ? Et qu’attendez vous d’OSAG pour 2014 (oui parce qu’il faut qu’on tienne jusqu’à Septembre 2015 au bas mot alors on aimerait bien que vous soyez encore là à ce moment !!) ??

Non parce que sinon on va devoir vous mettre des photos de femmes sexy pour vous rameuter !

Comme pour tous les voeux de nouvelle année que tout le monde s’échange, ce qu’on peut souhaiter aux doctorants pour 2014, moi y compris, est d’une banalité incroyable : des résultats de manips qui marchent et qui soient interprétables, des publications en nombre et dans des super journaux (ce qui est en contradiction totale avec mon discours sur la publication, j’en suis bien conscient, mais hé ! ce sont des souhaits que je vous fais, et depuis quand les souhaits se réalisent-ils hein ?), la gloire, la célébrité, du nouveau matériel avec un labo refait à neuf et une machine à café qui propose un supplément noisette gratuit (le supplément noisette il est gratuit, mais le café il est pas gratuit), un nouvel ordinateur pour regarder encore plus de vidéos de lolcats sur Youtube pendant que vous déprimez sur la pile de papiers à lire qui s’accumule… Enfin non, je crois que la seule chose réellement importante et que je vous souhaite, c’est simplement que vous vous plaisiez là où vous êtes, et à faire ce que vous faites. Que se lever le matin et partir au labo ne soit pas un calvaire pour vous mais au contraire que ça illumine votre journée tellement fort que même à 7h du mat’ en plein Janvier vous y verrez assez pour ne pas avoir à allumer vos phares (je décline toute responsabilité en cas d’accident prochain). Et même si vous ne faites pas de thèse d’ailleurs, c’est pareil. Et je me rappelle qu’un certain nombre d’entre vous sont des cailloux. Hé bien dans ce cas, laissez-moi vous souhaiter une joyeuse et minérale année.

Notre lectorat au grand complet !

Concernant le blog, nous avons (je dis bien « nous » même si je n’ai pas consulté Emilio concernant cette partie, du coup s’il est pas d’accord et qu’il m’insulte dans les commentaires ou que, suite à la lecture de l’article, il décide de tout arrêter : blog, thèse, travestisme, etc… hé bah ce sera de ma faute) bien sûr toujours des articles en projet pour l’année à venir, avec bien sûr l’essai de se renouveler tout en continuant notre ligne éditoriale Ô combien mûre, rigoureuse, et réfléchie. Personnellement, j’aimerai bien vous proposer des contenus un peu plus haut en images que ce qu’on fait actuellement (comprendre, moins de pâtés et plus de photos) – mais ça nécessite d’avoir des trucs un peu intéressants à vous montrer (ce qui n’est pas sans rappeler notre ami Quentin S. qui est actuellement parti 6 mois sur des îles glacées pour étudier des manchots). Bien sûr, le système de « guest-blogging » est toujours ouvert et nous invitons qui le veut à venir nous raconter quelque chose, quand il en a envie ; on est pas les seuls à faire une thèse (ou pas d’ailleurs), et on est sûr que vous avez plein de choses à partager, alors n’hésitez pas ! Enfin, et ça j’en ai parlé avec mon compère barbu qui tient plus du chaînon manquant qu’autre chose à présent, d’essayer de faire des petites vidéos. Voilà, aucune idée de ce qu’on pourrait raconter dedans et tout, mais l’idée a le mérite d’être exposée.

Je vais donc vous laisser sur ces quelques mots, mais que vous soyez rassurés, dès les prochaines semaines nous recommencerons à râler contre tout et n’importe quoi, pour un oui pour un non, parce que c’est ce qu’on aime faire de mieux. De vous raconter nos histoires de doctorants et de ce qu’on fait, parce que c’est le but derrière la création de ce blog. Et on espère que vous prendrez toujours autant de plaisir à nous suivre !

BONNE ANNAY LAY KOPAINS !!!!

Arnaud

Arnaud, dans sa grande mansuétude, a tout d’abord signé la première partie de cet article de nos deux noms, alors même que je n’avais strictement pas participé ni de près ni de loin à sa rédaction. Comme présenter ses vœux n’est pas non plus une tâche insurmontable, je m’en vais vous écrire quelques lignes pour vous les souhaiter, parler un peu de l’avenir du blog et surtout rallonger l’article, ce qui donnera un certain professionnalisme à l’ensemble (qui en a déjà perdu pas mal au regard de son premier paragraphe).
Donc, tout d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne année. 2013 a été ce qu’elle a pu, c’est à dire pas grand chose. On a été nombreux à galérer dans nos thèses/boulots/vies sentimentales respectives, et cette nouvelle année ne peut être pour nous tous qu’un nouveau départ salvateur, une chance nouvelle de mettre les compteurs à zéros, de rééquilibrer son karma en quelque sorte. Je vais faire comme l’ensemble des membres de votre entourage, en vous souhaitant plein de bonnes choses, pleins de publis (si vous êtes en thèse ou dans la recherche), plein de contrats/commandes/ventes (si vous avez un vrai travail), d’avoir enfin un vrai travail (avec un vrai salaire en argent à la fin du mois), et une vie sentimentale moins dissolue, ou au moins existante.
Vous l’aurez remarqué à force, un des buts principaux de ce blog est pour Arnaud et moi de nous plaindre auprès d’un public compatissant et grandissant (encore merci au passage d’être toujours plus nombreux à nous suivre), tout en économisant au passage le prix d’un thérapeute spécialisé dans les troubles psychiatriques. Mais cette fois-ci, je vais déroger à la règle. Évidemment, j’aimerais que ma thèse avance plus vite. Et bien évidemment, je rêverais de pouvoir enfin dire : « Ouais j’ai écris un papier là-dessus, je te l’enverrai si t’as envie ». Mais tout cela devra attendre encore un peu, même si c’est en bonne voie. Je positive en ce début d’année, je sais pas ce qui me prend, mais j’ai envie d’y croire. 2014 sera mon année, je sens que je vais tout déchirer. Rendez-vous donc dans 2 mois pour l’article où je vous dirai que 2014 sera une année minable pour moi.

Il en faut pour tout le monde, même les zoophiles

Il en faut pour tout le monde, même les zoophiles

Concernant l’avenir du blog, Arnaud a déjà soulevé pas mal de petites choses dans sa partie, donc je vais éviter les redites. Sachez juste qu’on a encore 400 000 idées d’articles à écrire, et que ces derniers continueront à évoluer dans une optique beaucoup plus plaisante à lire pour vous. Je (on) aimerait vraiment pondre des articles qui présentent un bon compromis entre quelque chose d’intéressant, de drôle et de plaisant à écrire pour nous. On se rapproche de plus en plus d’un format qui nous satisfait, et je pense que sauf gros accident (que l’un de nous meurt, ou qu’on décide soudainement d’écrire sur les géraniums en pots) les articles s’amélioreront encore dans les mois à venir (et SBIM, grosse pression pour nous). Et ne vous inquiétez pas, comme vous avez pu le voir, ce n’est pas parce que vous êtes nombreux à nous lire et que certains d’entre vous occupent peut-être des postes académiques importants que nous cesserons d’être ce que nous sommes, c’est à dire matures, drôles et rigoureux.

"Bordel Bernard !! T'en as pas marre d'aller sur ce blog scatophile ?"

« Bordel Bernard !! T’en as pas marre d’aller sur ce blog scatophile ? »

Je réitère également l’appel de mon camarade : le guest-blogging c’est cool, tout le monde y gagne. Vous pouvez écrire ce que vous voulez (littéralement) et être publié dans notre blog. Vous n’aurez pas la contrainte de tenir un site sur le long terme, de trouver des nouvelles idées d’articles tout le temps, de gérer les commentaires incompréhensibles d’internautes grecs ivres d’alcool et de feta, etc… La gloire de l’écrivain sans les galères, les nanas, et la drogue. De notre côté, ça permet de confronter les points de vue dans un domaine que nous connaissons tous (le fabuleux monde de la thèse), de garder le blog vivant et de donner l’impression qu’on respecte l’opinion des autres.
Vous avez un sujet passionnant en tête et une furieuse envie d’écrire, et bah faites-vous plaisir, on vous publiera !!
Dernier point, et après je vous laisse. Concernant l’idée des vidéos, l’idée a germé dans la tête de ce facétieux Arnaud il y a de cela quelques temps. Bien évidemment, on en fera uniquement si on trouve des idées intéressantes à porter sous ce format. Faire des vidéos pour faire des vidéos n’a pas trop d’intérêt, on aimerait évidemment faire quelque chose de drôle (si possible extrêmement drôle) et qui parle du doctorat (forcément). Ca va demander énormément de travail, donc si les conditions de temps, d’envie, d’inspiration et de talent sont réunis, on le fera, mais pas avant.

Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter encore une excellente année à toutes et à tous. Puisse 2014 vous apporter le calme d’une paix intérieure et la force de mener la guerre du quotidien.

Emilio

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Parce qu’une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule

Lundi matin. Les yeux bouffis d’une nuit de sommeil trop courte et agitée, j’arrive au boulot. Le café coule, la musique cool, paisiblement le temps s’écoule (lol) et, avant d’attaquer le noyau dur de ma journée de labeur, j’ouvre mon navigateur Internet pour comprendre ce qu’il s’est passé en dehors des murs délavés de mon bureau. Le monde reste ce qu’il a toujours été, un endroit sale et triste où se côtoient viols d’enfants, prostituées vérolées jusqu’à la moelle, détresse sociale et libéralisme de masse. Un endroit où le profiteur est rarement celui que l’on présente, où l’entrepreneur riche et sournois ressemble, dès lors que l’on prends la peine de creuser un peu, à un chef de Goulag en costume-cravate prêt à sacrifier la vie de milliers de travailleurs et de leurs familles pour gagner 0,156% de marge bénéficiaire en plus à la fin de l’année. Il pourra alors se payer l’option « Couleur Vert Pomme » sur sa dernière Audi en sous-traitant en Chine, et qu’importe si la moyenne d’âge de l’employé local est de 9 ans, c’est pas trop son problème. Et puis ça leur apprendra la vie à ces petits cons, ça leur évitera de trainer dans les rues de Shanghai et de dealer du crack, se dit-il pour se donner bonne conscience. Et René, Michel, Esteban et compagnie devront expliquer à leurs gosses pourquoi le Sapin de Noël ne recouvre rien de ses  branches cette année. Le père Noël n’est pas radin fiston, il est simplement contraint de suivre les lois du marché édictées par l’infâme connard que je viens de décrire précédemment.

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« Joyeux Noël !! » – Ton ancien patron

« Comment, moi un connard ??? C’est pas ma faute si ces fainéants n’ont pas fait d’études pour élever leurs niveaux de vie !! ». Sache Jean-Eudes que je te méprise du plus profond de mon être jusqu’au plus profond du tien. Les études qui te permettraient d’utiliser l’ascenseur social ne sont malheureusement réservées qu’aux personnes habitants déjà au dernier étage. Hé oui ! Dans notre système où les écoles sont reines et les facs considérées comme la poubelle de table où mangent les grands de ce monde, il est bien difficile de vendre un parcours universitaire, qui même s’il a été excellent, n’a malheureusement pas coûté le salaire annuel de René, Michel ou encore Esteban. Et voilà, les riches payent des diplômes de riches à leurs gosses de riches, qui iront les chercher avec leurs voitures de riches, et fêter ça en boite de nuit, avec champagne, coke, Lady Gaga, pute et mycose génitale. Et les parents pauvres enverront comme toujours leurs gosses à la fac, en espérant vainement que cette dernière tienne ses promesses et envoie les plus compétents dans ce sous-groupe social bâtard nommé « classe moyenne ».

Oui il existe des bourses (insérer blague à connotation sexuelle). J’en ai moi même été l’heureux bénéficiaire, et sans elles jamais je n’aurais pu espérer atteindre ne serait-ce que la première marche du premier amphithéâtre dans lequel j’ai pu poser mes Vans dégueulasses lorsque, fraichement bachelier, je voyais encore la faculté comme une chance de décrocher un ticket pour l’avenir. Mais les bourses ne sont réservées qu’aux plus pauvres d’entre nous. Avoir une bourse, c’est avouer son extrême pauvreté, sa misère économique au yeux de tous. Vous n’avez dès lors plus jamais le droit de vous plaindre de vos conditions de vie/d’étude (« Ta gueule, t’es boursier, t’as pas à te plaindre !! »), et vous vous devez pour vous-même, votre famille qui a galéré pour vous tirer jusque là, pour tous vos camarades qui n’ont pas eu cette chance et qui doivent trimer comme des galériens en cumulant jobs de merdes et études, vous vous devez de vous déchirer pour réussir. Condamnés à être pauvres, condamnés à réussir, condamnés à se faire entuber. Malgré tout ce qu’on peut encore vous raconter, le fait de s’appeler Jules-Edouard ou Mouloud et de naître avec une cuillère en argent dans la bouche ou une fourchette en plastique dans le cul va clairement influencer votre réussite future et surtout les efforts que vous allez devoir faire dans la vie pour vous maintenir dans une situation décente.

Aouch ! Pauvre Mouloud !

Aouch ! Pauvre Mouloud !

Je ne dis pas que les étudiants riches ne triment pas. Je dis juste que la majorité du travail à été fait par leurs aïeux et qu’ils récoltent et dilapident le fruit d’un travail qu’ils n’ont pas réalisé. Et tous les pauvres ne méritent pas de prendre l’ascenseur social : certains ne veulent pas ou ont arrêté de vouloir s’en sortir. La vie est fascinante, un rien vous fait naitre dans une famille qui pourra assurer votre bien-être jusqu’à votre overdose de cocaïne dans une fête branchée des quartiers bobos de votre ville de résidence, et un autre rien vous fera naitre l’ainé d’une famille de 8 enfants d’origine immigrée, et vous enverra à l’usine le plus rapidement possible pour aider à subvenir aux besoins de vos frères et sœurs. Et dans les deux cas, le grand gagnant est toujours le père du mec mort d’overdose. C’est drôle la vie parfois.

D’aucun dirait que ce blog n’a pas vocation à faire de la politique, et que je devrais m’en tenir à des discours de bases sur la vie en laboratoire, la recherche en générale, le ressenti de la thèse dans la vie quotidienne, etc. Alors déjà, je suis à moitié responsable de ce blog, donc je traite des sujets que je désire, et si l’envie me prends d’écrire un article sur les bénéfices évolutifs de l’inceste, du viol comme moyen de repeupler des zone désertées, ou encore de l’élevage de lamas dans les moyens de transports modernes, alors je le ferais. Mais il faut noter que la recherche, les études et la vie en général sont pourries jusqu’à l’os par le Dieu argent. Et qui n’a pas d’offrandes suffisantes à sacrifier à son autel se verra condamner à une vie de misère, loin des fastes et des paillettes des soirées branchées de la capitale.

Lundi matin a toujours été un dur moment pour moi. Comme vous le constatez j’atteins généralement mon moral le plus bas à ce moment là, et je reprends des couleurs dès lors que la semaine avance et m’apporte son lot de fiancée, copains, bières, fatigue, etc. Mais il y a de cela quelques semaines, une agréable nouvelle est venue enjouer mon début de semaine pourtant si gris et monotone. Malgré le récent engouement pour notre blog (« engouement » étant bien sûr le seul mot qui m’est venu à l’esprit, mais vous aurez compris que ce dernier est tout relatif), certaines personnes parmi nos proches nous suivent eux depuis le début, commentent, participent à la vie du blog. Comme pour Biologeeck, certains, plus ou moins inspirés par notre travail, ont pris leurs envol et ont lancé leurs propres blogs.

Je voulais faire un billet à propos d’un blog lancé récemment par notre fan mais néanmoins ami Lionel. Je voulais le faire au début sous le format utilisé pour Biologeeck, c’est à dire de l’ironie masquant un profond respect du travail accompli et un encouragement à la poursuite du projet (OUI! C’était ironique BORDEL !). Mais honnêtement je n’ai pas pu. Le blog de Lionel, Bouillie de Cerveau, a pour vocation d’amener au plus grand nombre des problématiques scientifiques poussées. C’est tout bonnement bien écrit, c’est drôle au possible, et surtout ni les articles, ni les sujets traités ne nous prennent pour des cons, et ça j’apprécie.

Ce mec est définitivement un bogoss

Ce mec est définitivement un bogoss

En effet, il y vulgarisation et vulgarisation. J’appelle ça le « paradoxe Bogdanov/Jamyfred » (In press) : soit vous avancez la Science comme le font les jumeaux maléfiques, càd avec une bonne dose de mauvaise foi, de simplifications abusives, de raccourcis éhontés pour servir votre propos et vous mettre sur un piédestal (Arnaud et moi-même sommes d’ailleurs de bons exemples de Bogdanov) ; soit vous expliquez à la manière de « C’est pas sorcier ! ». Je vous invite tous à regarder cette émission aujourd’hui, avec vos yeux d’adultes, scientifiques et critiques. Leur travail a été phénoménal, tout est expliqué, aucune ellipse, que de la simplification servant le propos. Cette émission a fonctionné parce qu’ils ont compris que les gosses ne sont pas bêtes, mais qu’il faut tout leur expliquer de manière ludique et captivante. Comme le disait Einstein en son temps : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de 6 ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement ». Va expliquer la théorie de la Reine rouge de Van Valen à ton neveu, et tu comprendras pourquoi Jamy et Fred ont été, et sont toujours, à l’origine de nombreuses vocations scientifiques.

Lionel adopte ce type de format. C’est court, compréhensible, divertissant et surtout intéressant. Il est le Jamy et Fred de notre époque, même s’il fait plus le Jamy que le Fred il faut bien avouer… Courrez voir son blog Bouillie de Cerveau, ça en vaut vraiment la peine !

Emilio

PS : Tout raccourci, simplification abusive, cliché ou propos irrespectueux sont totalement assumé par l’auteur.

PSS : Le titre est merdique parce qu’au début je partais dans l’optique de basher proprement le blog de Lionel. J’ai retourné ma veste, mais pas mon titre…

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