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« Et ta mère, elle sent des coudes ? » – Guide pour réussir à coup sûr son concours de l’Ecole doctorale

par Emilio

Il arrive dans la vie de chaque Homme des petits moments d’insouciance et d’allégresse pure qui le font plonger des abîmes les plus noires de l’esprit vers les vertes prairies du bonheur. Même si ces instants sont courts, quasiment insaisissables, ils équilibrent notre quotidien et nous permettent d’avancer un peu plus vers l’étape d’après, un jour après l’autre. Et le soir, blottis dans nos draps tels des larves d’un insecte que nous ne deviendront jamais, nous repensons à ces éphémères images qui marquent encore un peu nos neurones avant que, las de nos journées par trop souvent longues et difficiles, Morphée nous appelle dans ces doux bras, caressant nos cheveux comme notre mère le faisait jadis. Il ne nous restera de cette plongée vers le sommeil que l’image du sourire d’une belle femme, le regard complice d’un frère, l’accolade d’une amie. Fragments aussitôt oubliés, partis en volutes multiples dans les méandres de la mémoires humaines, rangés on-ne-sait-où, quelques parts. Peut-être ressortiront-ils un jour, peut-être seront-ils perdus à jamais. Et ainsi, avec un jour de moins parmi les jours qu’ils nous restent à vivre, nous nous lèveront le lendemain matin, les images ayant disparus, l’impression de bien-être envolée. L’odeur du café brulant nous rappellera à notre dur labeur, et nous nous enfuirons en toute hâte vers un but inatteignable, remplis que nous sommes de notre fierté de croire que, oui peut-être, nous servons à quelque chose en ce bas-monde.


Il y concrètement deux choses que j’adore dans mon boulot : la bouffe gratuite qu’on peut aisément avoir sans trop se fouler (généralement, en allant à un colloque, en squattant les bureaux des sous-fifres stagiaires, en s’introduisant en douce dans la cuisine du resto U, en tapant au hasard dans le frigo commun,…), et aider les jeunes à devenir ce que je n’ai pas réussi à être au cours des 3 dernières années : un bon thésard. Et avant même de les aider à devenir de bons thésards, encore faudrait-il que ces abrutis jeunes pleins de promesses arrivent à décrocher une thèse, ce qui par les temps qui courent n’est pas chose aisée, vous en conviendrez.

Il existe plusieurs moyens plus ou moins officiels d’obtenir des financements pour une thèse. Ces financements, qu’importe leurs origines (Concours de l’école doctorale pour l’attribution des contrats doctoraux, des financements d’équipe ou de projet type ANR ou autres, prostitution) tournent en France généralement autour du même montant : environ 100 000 € pour 3 années de purs bonheurs et de réelles envies d’en finir avec sa pute de vie. C’est beaucoup, ok, mais ça reste 75 fois moins élevé que le revenu annuel de Dany Boon en 2012. Ce qui veut aussi dire que Dany Boon aurait pu financer 75 thèses au lieu de pourrir le cinéma français de l’intérieur, vampirisant les allocations du CNC afin de réaliser des chefs d’œuvre du type « Supercondriaque » ou « Rien à déclarer ». Rien à déclarer en France ça c’est certain vu que cet grosse merde « artiste », à l’aura et au génie incroyable vit à Londres et évite ainsi de payer des impôts qui permettraient de construire et de rénover des écoles chez nous, empêchant ainsi aux jeunes de comprendre pourquoi aller voir ses films constitue une violation du bon sens et du bon goût… (car oui chez OSAG on est aussi critiques ciné chez Télérama).

Capt_film

« GGGGEEEUUUUHHHHHH !!! JE SUIS REALISATEUR DE FILMS !!!!!! »

Mais comme Montparnasse, je m’égare, et il est grand temps de recentrer cet article qui est par ailleurs déjà bien long, comme cette phrase qui manque cruellement d’une fin logique et pertinente, plutôt qu’une suite interminable de mots et d’expressions convenues séparés par de ridicules virgules, à peine suffisantes pour reprendre son souffle dans cet amas informe à mi-chemin entre un discours absurde de notre cher premier ministre et des conditions générales de ventes d’un téléviseur Panasonic acheté à la va-vite au Darty du coin avec les gosses qui braillent dans la caisse et le ventre qui crie famine.

BREF, dans notre cas de figure à tout les deux (car oui nous sommes deux, Arnaud n’est pas mon ami imaginaire qui vit dans ma tête, vu que lui s’appelle Marc), nous avons réussi à financer nos thèses respectives via des contrats doctoraux, obtenus après avoir passé le concours de l’école doctorale (abrégé ED ici pour plus de facilité). L’ED en soit a été difficile pour nous deux, mais le déroulement exact d’un oral du concours n’est pas le but de l’article : premièrement car les modalités de cet oral dépendent de la Faculté qui l’organise (ça peut aller de 5 à 15 minutes, support ou pas, jurys de 10 à 50 personnes,etc.), et aussi parce qu’Arnaud a déjà écrit un magnifique article sur le déroulement d’une journée d’oraux de l’ED, et des modalités pour y arriver. Si c’est ce point précis qui vous intéresse, je vous renvoie à cet article avec la plus grande joie.

SI je prends la plume aujourd’hui, ou plutôt le clavier et la souris, c’est pour m’adresser à toi, jeune étudiant(e) en proie au doute, voyant venir avec la peur au ventre ce tant redouté concours. Que dois-je faire pour l’avoir ? Comment me préparer au mieux pour cette torture ? Il y a-t-il de bonnes choses à savoir afin d’y aller avec toutes les cartes en mains ? Pourquoi la dame est méchante à la garderie ? Tant de questionnements…. Tant de peurs… L’effroi te ronge de l’intérieur, t’empêche de dormir et de digérer correctement. Nous avons connu ça, ne t’inquiètes plus jeune Padawan, prends ma main et lis ces 5 conseils pour réussir à coup sûr ton ED (résultats non garantis, ne fonctionne pas dans les DOM-TOM, ne marche pas si on a mangé de la mayonnaise avant, déconseillés aux femmes enceintes et aux cardiaques):

Ne s’imposer aucune limite dans la recherche bibliographique en amont

Une des astuces est de se rendre compte le plus rapidement possible qu’on ne sait strictement rien de son sujet, ou très peu. « Comment ça ? » te dis-tu. Tu viens de passer ton oral de M2 et tu es fier de ton 15/20 décroché à la sueur de ton front ? BULLSHIT ! Ton rapport ne vaut rien, les gens qui t’ont jugé ont été sympa avec toi parce qu’ils voulaient que tu partes rapidement afin de ne plus voir ta gueule geignarde à longueur de journée. Combien à eu le moins bon de ta promo sur le stage de M2 ? 12 ? A l’ED, avoir 4/20 à l’oral est largement possible, et ça sera probablement ton cas si tu continues à ne pas me croire et à me remettre en question de la sorte…

Pour parler plus sérieusement, ton jury de M2 était très probablement composé de chercheurs et enseignant-chercheurs de ton laboratoire. Ils sont spécialisés dans ton domaine, connaissent par cœur ta thématique, et sont les plus à même de te poser des questions très pointus. Leur but est de tester tes connaissances, dans le cadre de ce que tu es censé savoir afin de sanctionner un bac+5 de qualité qui te permettra d’aller pointer avec fierté, le menton relevé et les épaules en arrière, à Pôle Emploi. Or, le jury de l’ED est composé de personnes issues de différents domaines et qui possèdent donc un ensemble de connaissances très, TRÈS large (le deuxième « très » en majuscule sert à marquer l’importance du mot).

Il te faudra donc tout lire. Oui, tout, comme dans « je dois vraiment remplir tout ce formulaire pour l’allocation chômage ? » ou encore « Oui vazy mets-moi tout ! Quoi, tu as déjà tout mis ? ». Aucun article ne sera assez éloigné de ton sujet, et tu devras a minima lire l’abstract et bien connaître les conclusions. Pour te donner une idée, ma thématique de M2 était la transmission des tailles de télomères chez les oiseaux, et on m’a posé des questions sur la réplication cellulaire des levures, le lien entre télomérase et cancer chez l’homme, ainsi que la circonférence moyenne du tronc de Jacques Chaban-Delmas. Ce dernier point est faux, mais on aurait pu légitimement me poser la question.

Ça prendra du temps, de l’énergie, et tu auras la dégueulasse impression de bosser dans le vent la majorité du temps. Mais quand la lecture d’un article totalement éloigné de ton sujet te sauveras les miches le jour J, n’oublies pas de remercier tes sauveurs, Bactoche et Cigogneau ! !

« Je dois vraiment TOUT lire ?? « 

Présenter son oral devant un maximum de personnes, un maximum de fois

Ce point est d’une logique implacable, et pourtant je me dois de le mettre, sinon je n’aurais jamais eu 5 points dans ce guide. Vous auriez ainsi pu porter plainte pour publicité mensongère, j’aurais perdu mon procès car le seul avocat que je connaisse est un fruit à la chaire verte, et j’aurais tout perdu, la gloire, la beauté, la fortune…. En gros ça n’aurait pas changé grand chose à ma vie actuelle.

Présenter ton oral devant un maximum de personnes présente plusieurs avantages. Tout d’abord, tu multiplies mathématiquement les chances d’avoir des questions intéressantes qui tombent, ce qui est plus ou moins le but recherché lorsqu’on prépare un concours quelconque. Sauf pour le concours du plus gros connard de la Terre, vu qu’il est gagné chaque année par le désormais fameux « voleur de bouffe de frigo« … JE SAIS QUE C’EST TOI JEAN-GERTRUDE, TU NE T’EN TIRERAS PAS COMME CA, LA CALOTTE DE TES MORTS, JE TE PROMETS TU VAS CREVER !!!

« LA CERVELLE DE VOS MORTS !! ÉCOUTE CES SAGES CONSEILS DE VOS MORTS !! LA CALOTTE DE VOS MORTS !! »

Au delà du nombre de personnes présentes, tâche de vin faire des oraux blancs un maximum de fois, dans un maximum de conditions différentes : le froid, le chaud, le tiède, devant des gens gentils que tu connais, des gens méchants que tu connais pas, des thésards, des post-doctorants, des chômeurs (aussi appelés post-post-doctorants), en étant fatigué, en étant en forme (de rond, de carré ou autre) … Tu seras ainsi paré pour toute éventualité le jour J. Normalement, en faisant cela, tu auras été confronté à un nombre conséquent de questions et réflexions en tout genre, augmentant ainsi les chances de retrouver ces mêmes questions ou remarques le jour de l’exécution !

Présenter son oral au moins une fois devant quelqu’un de naïf (voire de con)

On ne vénère pas assez la valeur qu’à le con dans notre société. Il peut, au choix, faire rire, surprendre, faire réfléchir, énerver, mais en tout cas, laisse rarement indifférent. Imagine le français moyen. Il est con. Et bah imagine qu’à peu près la moitié des français est plus conne que lui. Ce qui veut dire que tu as globalement de bonne chance de trouver un con pour lui faire ta présentation !

« Mais pourquoi il me conseille ça le con ? Il est con ce con, ou bien ? » te demandes-tu probablement, con/conne que tu es. Et bah déjà pour commencer, au cas où tu ne l’aurais pas encore remarqué, je suis effectivement très con, mais passons. Les meilleures questions viennent des gens qui ne connaissent rien à ton sujet, autrement dit des gens naïfs, autrement dit, vous l’avez deviné, des cons. Eux seuls seront capable de te poser des questions totalement incongrues, à la limite du hors-sujet. Tu sais, ce genre de questions qui te mettent dans l’embarras, et qui laisse un long silence gênant s’installer dans l’assemblée, mortifiée qu’elle est par l’idée qu’on puisse poser si conne question. En temps normal, ce genre de question amène une réponse de type « je botte en touche » et tout le monde passe à autre chose. Sauf que pour l’ED, « passer à autre chose » équivaut à « je ne réponds pas à la question », ce qui équivaut à « tiens je vais me pendre tout de suite, ça me fera gagner du temps, quelqu’un a une corde dans le jury ? ».

Le jury à l’ED est naïf vis-à-vis de ton sujet, et donc, les gens qui pourront te préparer aux mêmes questions seront des gens de base naïfs, voire cons. CQFD, félicitations du jury, acquitté, Prix Nobel de la Paix, La vie d’Adèle en 3D et Couscous végétarien.

Exemple de question type à l’ED. Oui, dans sa situation, tu serais obligé de répondre…

L’art de la répartie, ou comment s’en sortir quand on est dans la merde jusqu’au cou

Lors de ton oral, arrivera un moment où tu vas être coincé par une question. Qu’importe le nombre d’heures passées à potasser tes vieux cours, à lire des livres indigestes aux titres ridiculement longs, qu’importe le nombre de litres de sueurs et de larmes que tu auras dépensé à la banque du Savoir, tu seras bloqué par une question d’un des membres du jury à un moment donné. Ce n’est pas dramatique, en partant du principe que tu n’as pas la science infuse et que toute la connaissance humaine n’est pas en ta possession, on peut légitimement se dire que c’est normal. Mais attention, deux remarques à ce sujet. La première est qu’il faut se faire coincer le plus loin possible dans les questions. Pour un candidat qui bloque à la 50ème question sur le lien entre consommation d’alcool et cancer, alors que son sujet de M2 porte sur la conjoncture économique du Sud-Soudan, tout le monde comprendra et verra que la limite de connaissance du bonhomme est lointaine, et que donc c’est cool. On ne demandera jamais à un candidat de tout savoir, on lui demandera de savoir assez pour comprendre comment son sujet s’inscrit dans un schéma plus large de savoir tout en y apportant un regard critique, c’est tout !

Par contre, perdre le contrôle de ses sphincters dès la première question (qui est généralement : « Bonjour, comment vous appelez-vous ? ») et répondre à côté de la plaque, c’est l’assurance de très TRÈS mal commencer son oral (le deuxième « très » en majuscule sert à marquer l’importance du mot, comme précédemment, on reste cohérent, tout va bien). Je ne donne pas cher de la peau du gugusse qui se plante aux questions de bases, généralement les 3 premières. Dis-toi que le jury cherche également à écarter facilement certains candidats, afin de rendre le classement final plus facile à faire. Ne leur mâche pas le travail en t’urinant dessus dès qu’on te demande d’expliquer un mot dans le titre de ta présentation.

« Je m’appelle Jean-Rachid…. A NON, NON MERDE, C’EST RENÉ-FRANÇOIS PUTAIN !! »

Deuxième remarque : ce qui peut jouer c’est la manière de gérer le blocage. A une question type, disons « Ta mère sent-elle mauvais des coudes ? » tu as concrètement deux manières de réagir. La première consiste à dire quelque chose dans le genre « Je ne peux pas répondre, je n »ai pas senti les coudes de ma mère depuis 1991, désolé ! ». Cette réponse est acceptable, mais n’est pas la meilleure qu’on puisse donner. L’idée est de réagir en ayant un maximum de répartie, non pas pour répondre à la question qui est de toute manière impossible, mais de prouver que vous savez réfléchir comme il faut. En gros, une super réponse serait : « Je ne peux malheureusement pas répondre à cela, car je ne l’ai pas senti dernièrement et que la thématique est tout de même TRÈS éloignée de mon domaine de recherche, mais on peut émettre l’hypothèse que ma mère sent des coudes, car c’est une truie de 4 m de haut qui vit dans la vase et se nourrit de viande de raton-laveurs ». Voila, tu ne réponds pas à la question clairement, mais tu réfléchis, et c’est ça que l’ED veut, sélectionner des mecs qui réfléchissent. Ou en tout cas, qui savent faire semblant.

La théorie de la relativité absolue

LA VIE NE S’ARRÊTE PAS A L’ED ! Quoiqu’il puisse t’arriver, ce n’est pas grave ! Apprendre à relativiser est le meilleur des conseils qu’on puisse te donner dans cet article. Vous n’avez pas été sélectionné pour passer l’oral ? C’est pas grave, vous vous battrez pour avoir une thèse de toute manière, ça sera plus long que prévu mais comme ça vous pourrez monter le projet de vos rêves, et où vous voulez !!! Vous avez foiré l’oral ? Tant pis ! L’expérience que vous en tirerez vous aidera pour plus tard, et vous décrocherez une thèse si vous le voulez, il vous faudra juste du temps et de l’énergie mais vous en avez !!! Nous connaissons des dizaines d’exemples (bon allez, disons 3 gars) qui on raté l’ED mais qui on fini en thèse d’une manière ou d’une autre, parce que ces gens savaient qu’ils étaient fait pour ça. Si tu es fait pour ça, la question ne se pose même pas, tu l’auras. Il te faudra plus de temps que les gens qui passent l’ED, mais tu l’auras !

Et pareil, réussir son école doctorale ne t’épargnera pas une thèse horrible et énormément de désillusions (ce blog en est la preuve vivante). Bats-toi comme un lion, mais n’oublie pas que ce n’est qu’un concours. Le rater ne fait pas de toi un minable, et le réussir ne fait pas de toi un Dieu. Au mieux, quelqu’un qui se cassera un peu moins la tête. Mais à la fin, nous nous retrouverons tous ensemble, main dans la main, à la machine à café de Pôle Emploi, le regard dans le vide, remettant en cause l’ensemble des choix que nous avons pu faire au cours de nos tristes vies et qui nous auront conduit à ce funeste destin.

Et pour finir en motivant tout le monde, je dirais ceci : AU DIABLE LES DIATRIBES DES IMPUISSANTS, MES FRÈRES ET SŒURS !! Mieux vaut une vie de galérien fait de petit bonheurs simples qu’une vie paisible de mouton dans les verts pâturages de la finance, le froc baissé devant le premier supérieur hiérarchique venu ! Osez être passionnés !! Osez choisir les voies les plus difficiles, si elles vous permettent d’acquérir ce que vous désirez au plus profond de vous, si elles suivent vos principes sans jamais les trahir, sans jamais faire de compromis !! Nous mourrons probablement tristes et misérables, mais nous mourrons la conscience tranquille, le cœur léger d’avoir essayer d’apporter notre pierre à l’édifice ! Que meurent les lâches et les pleutres sous le poids de leurs propres peurs de suivre ce que leur dictent leurs cœurs! Que vivent les courageux, ni forcément savants ni complètement imbéciles, mais juste honnêtes envers eux-mêmes, car ce sont eux qui font de ce monde un belle endroit où vivre !

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Un thésard qui prend des congés est-il une colossale baltringue ?

par Arnaud

Normalement je devrais commencer par la sempiternelle phrase d’excuse pour le manque de productivité, le laisser à l’abandon du blog malgré son succès indéniable (sérieusement les gens : on publie un article tous les 3 mois mais vous êtes tous les jours à revenir nous voir ?), mais j’estime qu’avec ma formidable contribution de deux articles en 2014, autant passer à l’essentiel : vous êtes habitués.


Derrière ce titre volontairement provocateur que n’aurait pas renié l’un de ces sites à clics qui parsèment votre mur Facebook (entre 9gag, démotivateur et autres topito) se cache une véritable question : celle du repos du brave. De celui qui après avoir passé tant de journées de labeur, tel un fier guerrier viking qui affronte chimères et légendes nordiques (la métaphore fera plaisir à Emilio), a bien le droit de s’autoriser quelques jours pour souffler avant de reprendre la bataille sans fin contre l’armée des Faux Positifs et des Résultats Inexplicables qui reviennent, chaque journée, toujours en surnombre contre vos frêles petits bras.

Oui, se reposer c’est important. Mais un doctorant peut-il prendre le temps de se reposer ? Alors que nous pourrions poser d’emblée la question à Jamie et Fred pour avoir une réponse un peu sérieuse, laissez-moi plutôt vous parler des doctorants et des congés (payés), vous allez voir, c’est rigolo.

« Mais dis moi Jamie, faire une thèse, ça sert à quoi ? »

En premier lieu, il faudra rappeler que le doctorat est encadré par un véritable contrat de travail. C’est le premier CDD du jeune étudiant universitaire qui lui apprend à rentrer dans le véritable monde du travail de la recherche, avec ce que ça comporte d’exploitation et de sous-paiement. Et comme pour tout CDD qui se respecte, l’employé a droit à des jours de congés. Pour ce que j’en sais, il y en a en gros entre 44 et 46 jours alloués par an, et on peut en disposer comme on veut. C’est un premier point : la LIBERTE.

Si on compte à peine les jours fériés, 44 jours de CP, c’est la possibilité de ne venir que 4 jours par semaine pendant une année entière, quasiment. C’est également la possibilité de se prendre 8 semaines, voire 9, et de faire tout autre chose qu’aller au laboratoire pendant deux mois. Comme par exemple se faire un petit voyage dans un pays exotique de type Syrie, les billets doivent pas être bien cher en ce moment. C’est également la possibilité de prendre des jours à peu prêt n’importe quand, et en fonction de la flexibilité de votre administration (et du bon vouloir de votre encadrant/directeur de thèse), sans forcément prévenir, ou même les poser une fois les congés pris. Vous l’aurez compris, tout est faisable à votre bon vouloir, c’est presque comme Minecraft, les Creepers en moins.

Alors pourquoi ne pas prendre tous ces jolis jours de congés ? Bah tout simplement parce que vous êtes en thèse. Argument imparable, article bouclé, applaudissements, merci de votre attention, on se retrouve dans six mois… Faire une thèse est un travail de longue haleine, une sorte de longue course d’endurance, et s’il faut lâcher un peu de lest pour tenir jusqu’au bout, on ne peut se permettre de trop se laisser aller sous peine de se faire rattraper par d’autres. Car même en recherche, il y a de la compétition. Imaginez-donc un marathon et ce qu’il se passe si, à chaque point de ravitaillement, au lieu de simplement prendre une gorgée d’eau, un coureur se paie 2 min’ pour souffler. A votre avis, arrivera-t-il premier ?

« C’est moi que j’vais publier en premier !! »

Et même sans cet aspect de compétition, le timing est limité. Trois ans, en vérité ça passe super vite (hier encore, je proposais à Emilio de faire un blog pour raconter nos thèses, alors encore jeune et insouciant), et prendre du temps de repos, bah c’est du temps de travail en moins, des manips en moins, des résultats potentiels sur un coup de chance en moins, et ta publication dans un gros papier en moins (ou alors : sans ton nom dessus, mécréant). Et même si, au final, la décision n’appartient normalement qu’à nous, il y a des équipes où certains directeurs d’équipe, et peut-être que c’est encouragé par la compétition, disent à leurs thésards « tu peux prendre des congés, mais c’est ta carrière que tu mets en jeu hihihi » (puisque ceux qui travaillent, mais dans l’autre équipe là, tu sais, où ils te volent ton sujet, bah ils publieront avant toi hihihi). Et d’autres où on vous encouragera au contraire, à prendre vos jours, parce qu’un doctorant reposé sera plus efficace qu’un thésard éreinté. Mais méfiez-vous : si on vous conseille tout le temps de partir du labo, c’est aussi peut-être que vous êtes un boulet.

En résulte alors une certaine attitude des doctorants envers ses congés. Malgré le nombre énorme de jours accordés, on va essayer d’en poser le moins possible. Ce qui est totalement absurde (vous comprendrez encore mieux par après), mais comme ça le chef d’équipe tyrannique n’y verra que du feu, puisqu’en les posant astucieusement, genre près de jours fériés en semaine et de « ponts » stratégiques, vous pouvez avoir un long temps de repos avec 1 seul jour posé. Libre à vous de vous écrier « HAHA comment je t’ai niquéééé !! » à sa figure par après. L’autre versant de l’attitude, c’est un peu le concours de qui a la plus grosse, mais à la « qui prend le moins de vacances » ; comme s’il fallait justifier de s’éreinter au travail au travers d’une certaine reconnaissance (ou admiration) de la part de ses confrères. C’est un peu le même principe du « qui fait le plus d’heures par jour » ou « qui vient le plus travailler le week-end ». Ça se voit surtout parmi les premières années, quand la motivation est à son plus haut et qu’il n’y a que la Science pour motiver votre raison d’être – puis ça se calme généralement, quand ils comprennent que de toute façon travailler 100 heures par semaine ça va pas amener le gouvernement à créer plus d’emplois dans le secteur. Je dirais même plus que ce genre d’attitude est délétère parce que ça fait peur d’envisager de payer autant d’heures supplémentaires, non mais !

Bon, très bien, mais que faire alors de tous ces jours qui ne sont pas pris ? C’est là que la blague en devient encore plus drôle. Normalement, entre doctorants, bah on est tous censés avoir le même contrat. Sauf qu’en fait… BAH NON ! Surprise ! Il y a quelques petites différences qui ont une importance toute relative, mais tout de même. Par exemple, le compte épargne-temps, ou CET. Une bonne idée que voilà, qui permet d’épargner les jours non posés et à partir d’un certain nombre, les voir transformés en salaire. Sauf que, en fonction de votre contrat, un doctorant peut ou ne peut pas avoir l’ouverture d’un CET. Par exemple, si comme moi tu bénéficies d’un contrat ministériel et que t’es employé par une Université : bah t’y as pas droit. Mais si c’est le CNRS qui t’embauche directement : alors t’y as droit. Injustice, révolte, Marianne et Jean-Luc Mélenchon. Du coup, les jours non pris s’envolent et sont cadeau pour le CNRS. Mais n’allez pas croire que balancer « grâce à moi vous avez économisé 100 jours de CP » à votre concours d’entrée pour être CR vous sauvera la mise pour autant. Les cadeaux, vous leur en faites, mais ce sera jamais réciproque, ou bien vous croyez aux contes de fées.

Au sommaire du Fake Science Monthly également : « Les rédacteurs d’OSAG ne sont pas aigris »

Vous comprendrez donc facilement le léger sentiment de frustration que peut avoir le thésard qui dispose, par droit, d’un certain nombre de jours tout en sachant qu’il ne pourra pas vraiment les prendre au risque d’avoir du retard sur sa thèse qui n’avance pas (ceci est un pléonasme) ou simplement de se sentir coupable par après. Qui ne s’est jamais dit, allongé sur un transat au bord de la plage, et sirotant un Cuba Libre, que mince, tout de même, cette extraction de protéine/ce bagage de cigogne/cette falsification de données sur les dernières données du glioblastome (rayer la mention inutile) ne va pas se faire toute seule ? Il y aurait bien sûr une solution : ne donner que 5 jours de CP par an à un thésard. Comme ça on serait tous ultra heureux de pouvoir les prendre. Un peu comme quand nos parents recevaient des mandarines à Noël. Je suis sûr que les hautes instances du CNRS seraient d’accord avec moi !

Quoi qu’il en soit, il est totalement absurde de parler de repos, de détentes et de vacances sur un blog consacré à la réalisation d’une thèse, parce que la recherche, la science, le savoir, les expériences, la passion, l’abnégation, le travail, l’endurance, la pugnacité, la persévérance, la motivation, le courage, et l’alcool, sont autant de valeurs qui ont bien plus d’importance au jour le jour que les trois premières dont je parlais.

Et sur ces belles paroles, je vous laisse, j’ai un week-end à Londres à préparer.

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Je suis tellement dans le futur gros, j’suis déjà mort

par Emilio

Au-delà de la sempiternelle excuse que nous allons devoir vous sortir en préambule de la totalité des futurs articles de notre blog, demeure une légère mais néanmoins tenace envie de vous raconter, au travers de quelques lignes écrites maladroitement entre deux tests stats merdiques, le quotidien de notre vie de thésard cynique sur ce blog par trop de fois laissé à l’abandon.

Il y aurait de quoi passer des journées à se lamenter sur cette période de notre vie, à la fois période d’émulation intellectuelle folle et de sinistres semaines de 55h, sans RTT ni heures sups pour compenser les valises gigantesques qui se glissent sous nos yeux à mesure que les jours passent en se ressemblant étrangement de plus en plus. D’ailleurs Easyjet va très probablement me faire payer un supplément la prochaine fois vu ce qui pend sous mes yeux ces derniers temps… (en mode « punchline » aujourd’hui je vous préviens).

Alors même que la vie suit son funeste cours, nous amenant tous à plus ou moins long terme vers une mort que je pressens pour ma part comme atrocement douloureuse, les fameuses trois années imparties se réduisent comme peau de chagrin, et il devient de plus en plus compliqué de penser à autre chose qu’à la Délivrance finale de la soutenance, qui je pense va exactement ressembler au film, avec un sale gamin attardé qui va jouer du banjo pour mon pot de thèse.

delivrance banjo

« Ta soutenance était merdique mon grand » *Doing* *Doing*

Alors, en ce début d’année 2015, le bilan se doit d’être fait, et à la vue du ton utilisé jusqu’à présent dans l’article vous vous doutez probablement que ce dernier n’est pas forcément des plus positifs. Pour parler franchement, j’ai en ce moment l’impression d’être passé complètement à côté de ma thèse. Et « passer à côté » c’est un moyen poli pour dire qu’elle m’a mâché et recraché de multiples fois, et que, comme un con heureux que j’ai toujours été, je me suis précipité à chaque fois dans sa gueule béante, en croyant dur comme fer que cette fois, non, ça va marcher, ya pas de raison que ça marche pour tout le monde et pas pour moi putain, faut arrêter de déconner, un mec peut pas cumuler autant de merde, le vent va bien finir par tourner. Une leçon les enfants, le vent tourne, mais c’est pas en restant cloué au sol que ça va changer quelque chose pour vous.

Parce qu’il est là le vrai problème de ma thèse, et donc par extension de la thèse d’autres personnes je suppose, je dois pas être seul dans cette fosse septique qu’on appelle le Doctorat (avec un grand « D » comme dans « Dans ton cul sale c*n »). Ma thèse n’a jamais décollé. Je n’ai jamais vécu de moment de félicité, des moments qui me font me dire que j’ai bien fait d’en chier pour en être là aujourd’hui. Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, c’est bosser assez pour me dire que ça viendra plus tard. Et quand on arrive au bout comme moi, qu’on se rend compte qu’il ne reste plus assez de temps pour que justement le positif arrive enfin, on réalise que la balance mentale s’est déréglée il y a longtemps et que rien ne justifiera plus tes 8 années d’études après le bac.

Je sais bien qu’il y a pire que moi. Mais je sais surtout qu’il y a généralement mieux. Et pourtant j’ai tenté mon possible pour ne pas que ça arrive, mais voila, ça se saurait si la simple volonté pouvait faire changer le monde. Essayez de vous vendre en troisième année de thèse pour un post-doc sans aucun article publié, accepté ou même soumis, et vous verrez, vous avez autant de chance d’être pris que Hollande d’être réélu président en 2017 (je suis devin le week-end, si tu veux savoir si ton ex va revenir, envoie un mail à : jesuisungrospigeon@gmail.com et balance moi ton numéro de carte bleu).

Ma nouvelle carte de visite, si jamais. J'ai changé d'ethnie pour augmenter ma clientèle si c'est ce que vous vous demandez

Ma nouvelle carte de visite, si jamais. J’ai changé d’ethnie pour attirer la clientèle, si c’est ce que vous vous demandez

Et oui je me plains. En même temps, tu es actuellement entrain de lire mon blog, donc j’ai plutôt le droit de le faire. Tu as le droit de m’insulter en retour par contre, mais tu ne le feras pas, parce que je te connais et je sais que tu es quelqu’un de bien, unique lecteur de notre magnifique blog.

D’habitude je finis sur du positif pour mes articles, afin de ne pas laisser un trop mauvais arrière-goût à nos lecteurs. Mais aujourd’hui non, je ne pense pas que ça va se faire malheureusement. Le seul point positif que je vois, c’est que je ne vais pas pouvoir faire de 4ème année (contrairement à 78% de mes proches amis thésards, sondage TNS-Sofres), donc je serais plus vite au chômage, et je pourrais plus rapidement passer mes journées en slip kangourou à écrire des commentaires haineux à mes collègues doctorants qui, non content de faire des conférences à Los Angeles ou Tokyo, postent des photos sur les réseaux sociaux. Oui ils ont le droit de le faire, mais j’ai aussi le droit de les insulter.

L’insulte publique est la dernière chose dans laquelle je suis à peu près bon, avec la consommation massive de graisse et d’alcool, donc ne m’enlevez pas ça !

PS: C’est mon anniversaire demain, donc j’ai le droit de faire la gueule

PPS: Pour les curieux, le titre de l’article est issu d’un morceau de Hyacinthe que je kiffe, et qui comme cet article respire la joie de vivre et l’envie d’aimer son prochain. Je le mets ci-dessous pour les mélomanes.

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Le jour le plus long

par Emilio

Il est vrai que, la thèse avançant et les problèmes sous-jacents s’accumulant pour vos deux serviteurs, le temps que nous pouvons encore consacrer à la rédaction d’articles pour ce blog se réduit considérablement. Malgré cela, ce n’est ni l’envie ni l’inspiration qui viennent à manquer, et il faudrait sérieusement qu’on songe à reprendre une écriture plus régulière afin de pallier aux ridicules temps d’attentes que nous vous imposons pour chaque parution. Nous n’allons ici vous faire aucune promesse que nous n’allons de toute façon pas pouvoir tenir, mais nous allons nous y remettre sérieusement, si t’en est que vous ayez encore envie de nous lire (dans le cas contraire , un simple « FERMEZ-LA !! » dans les commentaires suffira amplement).

D’autant plus que, à notre grande surprise, notre blog continue d’être très régulièrement visité par un nombre de lecteurs toujours croissant au beurre. Et comble de la gloire, notre article sur les bénéfices des éditeurs scientifiques (celui là même) a été récemment cité dans deux très bons articles (écrits par des vrais journalistes !) respectivement dans Rue89/l’Obs et Slate. Cela, vous vous en doutez, remet du baume au cœur et une fâcheuse envie de reprendre la plume de cigogne pour se lamenter une nouvelle fois sur la triste vie de thésard qui est la notre.

Si j'avais su, j'aurais pris 5 minutes de plus pour faire un tableau correct bordel...

Si j’avais su, j’aurais pris 5 minutes de plus pour faire un tableau correct bordel… (Source)

Donc à l’avenir, vu que ça à l’air de marcher plutôt pas mal, je vais essayer de refaire un article sur un sujet sérieux, en écartant les références scatologiques et absurdes, marque de fabrique qui a pourtant fait notre renommée en ex-RDA. Sur ce, fin du petit préambule d’autosatisfaction nécessaire, et place à l’article en tant que tel. Courage, c’est bientôt terminé.


Il y a dans la vie d’un doctorant plusieurs moments où ses sphincters manquent de se relâcher sous l’effet du stress, risquant à tout moment de l’humilier publiquement dans son laboratoire et de lui coller indéfiniment le sobriquet ridicule de « Petit Poussait ». On peut compter sa première présentation dans son laboratoire, sa première présentation de poster à un colloque, chaque présentation orale à chaque colloque qu’il fera dans sa thèse, sa soutenance finale et enfin, sa présentation face à son comité de thèse. Alors bon, le comité de thèse, quésaco ?

Pour faire simple, il s’agit de réunir en un même endroit plusieurs chercheurs venu juger de la qualité du travail du doctorant, mais surtout de son avancement dans sa thèse. Ce comité est généralement composé a minima du/des directeur(s) de thèse, d’un rapporteur interne au laboratoire de l’étudiant, d’un rapporteur externe au laboratoire de l’étudiant et de l’étudiant donc (forcément, sinon ça sert à rien réfléchis trente secondes). Tout ce beau monde doit se réunir au moins une fois durant la thèse, mais peut se réunir plus souvent si le désir ou le besoin s’en fait ressentir. Généralement, s’il n’est convoqué qu’une fois durant la thèse, on essaye généralement de réaliser ce comité au milieu de la thèse de l’étudiant afin de n’arriver ni trop tôt ni trop tard dans le processus. C’est pourquoi le comité de thèse s’appelle généralement la « mi-thèse » dans le milieu hardcore underground de la recherche scientifique. Il débouche sur la rédaction d’un rapport officiel qui sera déposé à l’école doctorale de rattachement de l’étudiant, qui ne sera jamais lu et pourrira ad vitam eternam dans un carton moisi dégueulasse entreposé dans une cave lugubre et sombre d’un quelconque donjon de ton Université.

« Le but de tout ça? » te demandes-tu, inquiet de voir la tournure passablement chiante de l’article se confirmer au fur et à mesure que tu lis ces lignes. Et bien, il est simple et peut être résumé en deux points :
– Rassurer l’étudiant sur ses capacités à finir sa thèse. Exemple : « Mais non François-Abdel, le fait que tu découvres que l’espèce sur laquelle tu travailles n’existe en fait pas n’est pas un frein à ta réussite, tu en es capable, fonce ! »

– Lui foutre un délicat mais solide coup de pied au derrière pour qu’il se le bouge. Exemple : « En même temps, bosser sur la reproduction du Monstre du Loch Ness n’était pas un choix forcément très judicieux, dépêche-toi tout de même de choisir quelque chose d’autre pour sauver les meubles ! »

Et on touche là au merveilleux paradoxe du comité de thèse, à savoir, se faire brosser dans le sens du poil tout en sentant un arrière-gout de « Magne-toi sévère parce que là je vais avoir l’air con si mon doctorant n’est pas capable de sortir un article valable durant toute sa thèse ».

Rojas, E. R. & Tomasini, A. 2014. Impact of the climatic variations and social environment on the reproductive success of the Loch Ness Monster (Nessiteras rhombopteryx). Journal of Bullshit Research. 6(2) 666-672

Rojas, E. R. & Tomasini, A. 2014. Impact of the climatic variations and social environment on the reproductive success of the Loch Ness Monster (Nessiteras rhombopteryx). Journal of Bullshit Research. 6(2) 666-672

Mon comité de thèse a débuté à 14h (de l’aprem, réfléchis trente secondes) pour se terminer sur un solide 20h30, et s’est poursuivi en comité restreint le soir même, et le lendemain matin avec le café. Sans rentrer dans les détails qui seraient à coup sur fatals pour votre intérêt, sachez que j’en ai bavé, mais genre sévère. 1 heure 15 de présentation, le reste de questions et de discussions, vous voyez le tableau je pense.
Pour faire simple, j’ai un objectif idéal de 6 articles à écrire avant la fin de ma thèse. En réalité, je pense en faire 4. Cela peut paraitre beaucoup pour certains, notamment les camarades en neurosciences et autres qui n’en écriront qu’un seul durant toute leur thèse, mais c’est un peu la norme chez nous (en tout cas dans mon laboratoire). Et calmez-vous de suite, l’article du thésard de neuro aura probablement plus d’impact que le mien, vu qu’il risque de sortir dans « Cell magazine » alors que les miens sortiront plus probablement dans « Selles magazine »…
Donc voila où j’en suis, techniquement il ne me reste qu’un an pour faire tout ça, sachant que les financements pour prolonger la thèse en écologie sont aussi rare qu’un politicien honnête ou un doctorant sobre. Le courage va devoir m’accompagner lors de ces derniers mois qui s’annoncent pour le moins compliqués…

"Les doctorants, l'avenir de la nation" - Jésus Christ

« Les doctorants, l’avenir de la nation » – Jésus Christ

Et voila ce qui sera je pense mes futures excuses pour ne rien écrire sur ce blog : les articles à écrire et l’alcoolisme homosexuel. En attendant rigolez, vous verrez le jour où je vais faire la couverture de « Selles magazine », vous ferez moins les malins bande de petits énergumènes.

 

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