Qui sommes-nous ?

Emilio

Le ton est donné.

Emilio est en France depuis sa naissance alors qu’il ne possède aucun papiers, et risque à tout moment d’être expulsé vers son pays natal, où ses copains à poils et à la facheuse tendance à cracher sur les gens qui les embêtent attendent avec impatience son retour. C’est pour cela que je veillerais à taire au mieux sa véritable identité.

Originaire du Chili, ce qui explique son imposante pilosité et sa tendance à baver quelque peu, Emilio se passionne des choses qui intéressent peu le commun des mortels : les cigognes. A part les Alsaciens légèrement chauvins (ce qui relève presque du pléonasme) qui vénèrent ces reptiles à plumes autant que leurs spécialité culinaires, peu de gens voient vraiment en quoi étudier ces animaux peut être d’une quelconque utilité publique (personne n’a jamais entendu un député s’écrier « ZZZOMG LAY SSYGAUGNES CAY TRO AINPAURTAN » à l’assemblée). Et pourtant. Emilio a décidé d’en faire son sujet d’étude pour sa thèse. Ce qui est assez curieux au vu de l’ensemble de son parcours.

Si on revient en effet en arrière, Emilio a hésité lors de son passage en Master (après avoir effectué brillamment une licence de théologie protestante) à étudier l’éthologie (la science du comportement animalier) et la microbiologie (la science du Savoir absolu et qui permet de pécho un max de filles). Sachant bien sûr que la première voie ne lui amènerait aucuns débouchés ni revenus, Emilio se jeta dedans (« je suis toujours prêt à relever un bon challenge »). C’est pas comme s’il était pauvre au point d’avoir déjà vendu trois reins pour se payer ses études (il peut d’ailleurs remercier ses frères et soeurs pour cela). Mais bon. Il parvint à boucler son Master. Et alors qu’il aurait pu choisir un sujet vendeur sur des animaux intéressants, il choisit de se jeter sur cette brute à plumes que constitue la cigogne. Quitte à n’avoir aucun avenir, autant le faire le plus proprement possible. Ce qui est bien c’est qu’avec son travail de thèse il pourra sûrement obtenir un job d’animateur à Cigoland.

Le travail d’Emilio va porter  sur la migration des cigognes blanches (il a choisi de ne pas s’intéresser aux cigognes noires parce que déjà c’est rien que des voleuses et que de toute façon les histoires d’immigration ça lui rappelle de mauvais souvenirs). Ce qui l’importe, c’est de déterminer quelle est la part génétique (donc, propre à la science des gènes) et quelle est la part familiale qui explique les distances et les destinations choisies par les cigognes d’Alsace lorsqu’elles vont en Afrique. Et également d’établir comment s’inscrit dans ces processus la part la plus importante de tout phénomène : la part DIVINE. Il pourra ainsi répondre à la question que l’on pose désormais à tout thésard qui se respecte à la fin de son exposé : « Et, Monsieur, Dieu dans tout ça?« . Emilio est en effet un créationniste chevronné qui pense que Darwin n’était qu’un vieux fou qu’on a écouté simplement parce qu’à l’époque il n’y avait pas la télé et qu’il fallait bien s’occuper. Heureusement qu’on a Patrick Sébastien maintenant.

Faites votre choix. Mais faut reconnaître que la théorie à droite est beaucoup plus cool.

Il ne faut pas oublier qu’avant d’être un thésard, Emilio est également un être humain, avec ses qualités et ses défauts. Comme défaut, il a la mauvaise habitude de s’y prendre toujours au dernier moment pour faire les choses qui sont à faire au plus vite. Ce qui sera très amusant à observer, par exemple, quand il commencera à rédiger son manuscrit de thèse la veille de sa soutenance. Il a également des goûts culturels assez peu communs ; il adore le viking métal. Je vais m’arrêter tout de suite sur ce point pour ne pas effrayer les lecteurs, mais sachez que ce genre de maladie est reconnue par l’OMS au même titre que le cancer du SIDA. Concernant les qualités, bien qu’elles soient nombreuses, elles sont actuellement enfouies dans la barbe imposante (et qui sert d’abri à de nombreuses espèces d’insectes méconnues) d’Emilio (qui a eu la brillante idée de, je cite, « ne pas se raser durant toute ma thèse, comme ça je ressemblerai à un clochard hirsute et je ruinerai ma vie sociale ») et je n’ai pas sur moi de débroussailleur qui me permettrait de les énumérer. Et puis faut pas déconner, écrire du bien des gens, c’est vraiment pas mon truc. J’espère donc que vous aurez eu un léger aperçu du thésard qu’est Emilio et je lui souhaite bon courage et de réussir ce qu’il fait pendant les trois prochaines années (je ne préfère pas penser à ce qui arrivera après).

TL;DR : Emilio est un thésard sympathiquement barbu, passionné d’oiseaux et de la Bible.

****

Arnaud

Arnaud se prépare pour une conférence créationniste

Arnaud se prépare pour une conférence créationniste

De tout temps, le commun des mortels (toi, moi, le mec bizarre qui pue dans le tram,…) n’a eu de cesse de lutter contre un sous-genre particulier d’être humain. Cette race, vénérée par la base gueuse de notre société comme par les plus hautes sphères bourgeoises, continue allègrement aux yeux de tous à dominer notre monde. Elle impose sa manière de voir les choses, juge ses conspécifiques avec dureté et hauteur dès lors que ces derniers s’écartent du droit chemin qu’il auront fixé, tout cela sous les haros des pauvres victimes prises au piège de leur sournoises machinations. Je veux bien sûr parler des premiers de la classe, des piliers des premières rangées d’amphithéâtres et autres culolingueurs semi-professionnels. Cependant, dès lors que l’on prend la peine de s’intéresser à cette élite, on remarque que tous ne méritent pas le bucher, et que certains peuvent même s’avérer être de bonne compagnie. J’ai eu, lors de ma première rencontre avec Arnaud, ce sentiment étrange d’une fine fleur qui daigne s’adresser au bas gazon, d’une bourgeoisie qui s’enquiert des problèmes des autres gens de ce triste monde. Arnaud m’a considéré, et depuis ce jour, nous poursuivons parallèlement nos carrières scientifiques dans deux domaines certes différents, mais qui nous permettent d’échanger et surtout de nous enrichir l’un l’autre.

De part sa qualité d’être supérieurement intelligent, Arnaud voit le monde différemment de nous. Il donne l’impression de se démultiplier, travaillant sur ses rapports et dossiers avant même que ses autres camarades ne finissent la première gorgée de leur bière. Au travail, comme dans la vie, toute obligation qui vous sera imposée doit être respectée dans les plus brefs délais, sous peine d’un villipendage de bon aloi qu’il se fera un malin plaisir à vociférer dans vos oreilles, si possible au moment le moins opportun. Exemple de discussion typique que vous pourriez être amené à avoir avec lui :
– As-tu vu le dernier Dupieux au cinéma? Paraît qu’il est décevant…
– T’as fait ton contrôle technique ? (on notera la transition de sujet impressionante)
– Bahhhh, non. Mais j’ai jusque Mai 2013, c’est cool..
– QUOI ??? MAIS BORDEL C’EST DANS 7 MOIS, QU’EST-CE QUE T’ATTENDS SALE (insérer insulte à connotation raciste envers les latino-américains) ?? »

D’une discussion intéressante vous tomberez inexorablement vers un débat sans fin sur la nécessité de remplir vos obligations dans les temps impartis. Et là vos qualités de bretteur oral hors pair ne vous serons d’aucun secours, et vous serez quitte pour une bonne leçon de morale digne de votre propre mère-grand (wesh).  Vous passerez à ses yeux comme un humain de seconde zone, et dure sera la route pour désormais tenter de redorer votre blason.

Aussi compatible avec : « Georges n’a pas payé sa dernière facture de téléphone ».

Mais Arnaud cache derrière sa carapace de mèche lissée au millimètre et de t-shirts bariolés à l’effigie de groupes de rock approximatif un personnage beaucoup plus profond. Une fois qu’on le connait vraiment, on peut entrapercevoir derrière ses yeux pleins de haine une douleur secrète. Ce genre de douleur sourde mais néanmoins présente, qui le suit constamment où qu’il aille, qui lui rappelle sans cesse qu’il n’est pas entièrement comme les autres. Un soir de spleen, imbibé d’alcool, il m’a avoué ce qui l’empêchait de pleinement vivre sa vie. Je ne vais pas répéter ici les propos qu’il m’a tenu ce soir là, le site n’ayant pas vocation à nous moquer l’un l’autre. Je me souviendrai néanmoins toute ma vie de ses petits yeux emplis de larmes lorsqu’il m’a dit : « Tu sais, tu es à moitié latino, tu ne connais pas ce problème. Mais sache que pour moi c’est difficile. » Mais Arnaud est un battant, et au lieu de se renfermer, il a décidé de prendre à bras le corps son problème, et d’en faire son sujet d’étude principale : le MICROSCOPIQUEMENT PETIT.

Effectivement, pour pallier à ses différents complexes implicitement susmentionnés, il décida de se diriger vers un Master de Microbiologie, autrement dit, l’étude des micro-organismes. Etudiant hors pair, camarade dévoué mais néanmoins éreintant de part son côté de Mr. Parfait, il réussit plus que brillamment ce qui ne s’avéra être pour lui qu’une formalité. Désormais en thèse, il concentrera ses études des trois prochaines années sur une espèce trop souvent incomprise, à laquelle il s’identifie à la perfection, Staphylococcus aureus. Ce qui semble être pour la majorité d’entre nous une sal*perie responsable de nombreux maux (furoncles, panaris, diarrhées et autres intoxications alimentaires), Arnaud la considère peu ou proue comme son alliée pour sa réussite. Parfois simples amies, parfois confidentes, Arnaud passe beaucoup de temps devant ses boites de Pétri et se sent il est vrai, parfois un peu seul. Vénérateur de l’incroyablement petit devant l’éternel, notre joyeux drille pousse le bouchon jusqu’à étudier non pas l’organisme dans son ensemble, mais uniquement une part infime de sa biochimie. Arnaud concentrera donc les recherches de ses trois prochaines années sur un sujet passionnant, d’enjeu national et d’utilité publique (tout comme mon sujet me direz-vous) : le rôle de l’ARN non codant RsaC dans la régulation de l’expression des gènes.

A de (trop) nombreuses reprises il aura pris le temps de m’expliquer en détail les tenants et aboutissants de ce sujet au titre ravageur. Et pourtant, devant avouer mon incapacité chronique à ne pas comprendre ce qui ne touche pas aux bêtes à plumes, je ne peux malheureusement pas vous expliquer plus en détail son sujet. Sachez juste qu’il concentrera ses efforts sur l’identification de la machinerie biologique associée à cette ARN non codant.

Comme S. aureus ne pouvait pas apporter les enfants par les airs, il a décidé de leur refiler plein de maladies dégueu.

Pour conclure ici son portrait, Arnaud est un personnage immensément plus complexe que ne le laisse présager l’image qu’il renvoie de lui, et qui nous a fait dire de trop nombreuses fois : « Mais bordel, qu’est-ce que ce lycéen fout dans cet amphi ? « . Scientifique dans l’âme mais humainement riche dans sa manière d’être au quotidien, c’est un énorme privilège, et une immense fierté, de codiriger ce blog avec lui. Puisse notre collaboration tenir ces trois années qui s’annoncent d’emblée délicates, et faisons en sorte je l’espère, de faire de cette aventure une épopée dont les  pages de ce blog relaterons les exploits, les doutes et les peines.

7 réponses à “Qui sommes-nous ?

  1. Elle

    euh..petite question hors sujet » (comment faire pour supprimer un commentaire 😀 pour des raisons x..?

  2. Célia

    Merci Emilio pour ta réponse rapide. Ne t’inquiète pas, je ne me contente pas d’un seul avis, mais c’est toujours mieux d’un avis complètent neutre comme tu ne sais pas de quel laboratoire je parle.
    Je vais prendre en compte tes conseils et j’espère que mon choix ne jouera pas contre moi dans le futur.

    Merci encore. Bonne continuation, courage pour ta thèse et j’espère que tu ouvriras un autre blog sur les joies du post-doctorat!

    Célia

  3. Célia

    Bonjour Emilio et Arnaud,
    Je viens de lire quelques articles présent sur ce site, et je dois dire que j’adore votre façon décalé de commenter vos aventures de thésard. Ca fait du bien de lire des personnes qui donnent une version non édulcorée de ce qu’est la thèse et de comment on la vit.

    J’avoue que je poste ce commentaire non pas uniquement pour vous encourager mais aussi parce que j’aurais besoin de vos conseils. En effet, je suis actuellement en stage M2, et je souhaiterais continuer pour faire un thèse en Immunologie. Le problème, étant que je ne sais pas où faire ma thèse. Vu comment vous parler franchement de ce qu’est la thèse, je me suis dit que ça serait bien de recueillir votre avis, comme tout avis est bon à prendre quand on a un choix aussi important à prendre.

    Pour ma thèse, j’ai le choix entre rester dans mon laboratoire de stage M2, où je suis bien intégré, le sujet me plait, mais le labo est peu réputé, et il y a assez peu de communication scientifique (pas de lab meetig, de journal club et très peu de réunion avec tous les membres de l’UMR). Vu mon CV, il se peut que je trouve un doctorat financé ailleurs, dans un meilleur labo mais pas forcément avec le sujet qui me plait, et avec le risque de tomber dans une équipe avec une mauvaise ambiance, de la rivalité, ou pire qui te laisse pas publier tes résultats! Ou sinon je réfléchis à me prendre quelques mois pour réfléchir et postuler, voir faire des stages dans les labos qui me plairaient….. Je sais vraiment plus quoi faire, et la dead line pour l’inscription à la bourse MRT approche, et ça serait bien que je puisse dire rapidement à mon labo de stage M2 ce que je compte faire…

    Je me doute que vous n’avez pas que ça à faire, mais si jamais vous avez le temps, j’aimerais beaucoup avoir votre avis =) Merci
    Célia

    • Bonsoir Célia !

      Avant toute chose, merci beaucoup ! Depuis le début Arnaud et moi-même avions voulu justement apporter une version non filtrée de ce que peut être une thèse, vu de l’intérieur, et le début de ton commentaire appuie ce fait, donc merci !

      Pour le conseil que tu demandes, saches avant toute chose que la décision est très importante, et que toi seule peut choisir quelle voie prendre. Nous pouvons simplement te donner notre avis, mais il ne faut absolument pas le prendre pour argent comptant, chaque thésard devant faire son propre parcours de ses propres mains afin d’y arriver.

      Vu le contexte actuel, trouver une thèse est quelque chose de délicat. Je ne connais pas bien ton domaine, mais j’ai vu nombre d’étudiants fraichement masterisés passé un an voire 2 à se faire rejeter de partout, pour finir par laisser tomber la recherche. J’aurais d’emblée envie de te dire que prudence est mère de sureté. Qui plus est, le sujet te plait, ce qui est déjà une bonne chose ! La réputation d’un labo honnêtement ça joue un peu, pour la suite, mais ce qui joue avant tout c’est ce que tu vas réussir à faire de ta thèse. Si tu es dans un petit labo mais que tu as réussi à publier correctement et à montrer ton visage à 2-3 colloques, cela vaudra toujours mieux qu’une thèse ratée dans un grand labo.

      Si vraiment tu as un dossier béton qui te permet d’être quasiment sûre de décrocher une thèse (ce qui me parait bizarre, à moins d’avoir 17+ de moyenne et d’avoir déjà publié) alors c’est à toi de voir. Tu prendras certes un risque, mais parfois le jeu en vaut la chandelle. Là dessus c’est ton ressenti personnel qui entre en compte, et je peux pas trop t’aider. Pour ce qui est de la comm au sein de ton labo, c’est vraiment aléatoire. Les laboratoires peuvent avoir une politique de communication très forte (un journal club/ semaine + une réu d’équipe par mois par exemple) comme n’en avoir pas du tout. Le plus important restera la communication que tu feras en dehors de ton laboratoire. C’est la plus importante, celle qui va compter par la suite. Après, si jamais tu es engagé en thèse, rien ne t’empêche d’essayer de faire bouger les choses !

      Derniers points rapides: – La MRT est un concours difficile et il n’est jamais gagné d’avance. Crois-en notre expérience, nous sommes tout les deux passés par là.
      – L’ambiance dans un labo est PRIMORDIALE pour la réussite de la thèse, notamment la relation que tu vas entretenir avec ton/ta/tes directeur/ice(s) de thèses. On a plein d’articles là dessus dans le blog normalement
      – Attention, une fois ton Master terminé tu ne peux plus faire de conventions de stage (qui nécessite un statut d’étudiant). Les stages que tu peux faire en fin de master doivent se terminer vers fin septembre dernier délai ! Si tu veux faire des stages après ton master, tu peux soit passer par une inscription à l’université (typiquement une inscription dans un Diplôme Universitaire (ou DU) permet d’acquérir le statut d’étudiant et donc de faire des stages) soit essayé de prendre d’autres voies…

      Voila, je sais pas si j’ai pu t’aiguiller un minimum, mais sache que cette importante décision est tienne, et deux étrangers sur un blog ne pourront que te donner de petits conseils. Courage pour la suite !

      Futur-doctoralement votre,

      Emilio

  4. Orel

    Quelle bonne tranche de rire… et surtout quels souvenirs me sont revenus de ma thèse en vous lisant! En tant que docteur en biologie (depuis deux ans, pas encore un vieux croulant) je vous souhaite bon courage! Je compte aussi suivre de très prêt vos exploits tant scientifiques que pileux, zoophile, etc… :p A pluch!

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