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Un thésard qui prend des congés est-il une colossale baltringue ?

par Arnaud

Normalement je devrais commencer par la sempiternelle phrase d’excuse pour le manque de productivité, le laisser à l’abandon du blog malgré son succès indéniable (sérieusement les gens : on publie un article tous les 3 mois mais vous êtes tous les jours à revenir nous voir ?), mais j’estime qu’avec ma formidable contribution de deux articles en 2014, autant passer à l’essentiel : vous êtes habitués.


Derrière ce titre volontairement provocateur que n’aurait pas renié l’un de ces sites à clics qui parsèment votre mur Facebook (entre 9gag, démotivateur et autres topito) se cache une véritable question : celle du repos du brave. De celui qui après avoir passé tant de journées de labeur, tel un fier guerrier viking qui affronte chimères et légendes nordiques (la métaphore fera plaisir à Emilio), a bien le droit de s’autoriser quelques jours pour souffler avant de reprendre la bataille sans fin contre l’armée des Faux Positifs et des Résultats Inexplicables qui reviennent, chaque journée, toujours en surnombre contre vos frêles petits bras.

Oui, se reposer c’est important. Mais un doctorant peut-il prendre le temps de se reposer ? Alors que nous pourrions poser d’emblée la question à Jamie et Fred pour avoir une réponse un peu sérieuse, laissez-moi plutôt vous parler des doctorants et des congés (payés), vous allez voir, c’est rigolo.

« Mais dis moi Jamie, faire une thèse, ça sert à quoi ? »

En premier lieu, il faudra rappeler que le doctorat est encadré par un véritable contrat de travail. C’est le premier CDD du jeune étudiant universitaire qui lui apprend à rentrer dans le véritable monde du travail de la recherche, avec ce que ça comporte d’exploitation et de sous-paiement. Et comme pour tout CDD qui se respecte, l’employé a droit à des jours de congés. Pour ce que j’en sais, il y en a en gros entre 44 et 46 jours alloués par an, et on peut en disposer comme on veut. C’est un premier point : la LIBERTE.

Si on compte à peine les jours fériés, 44 jours de CP, c’est la possibilité de ne venir que 4 jours par semaine pendant une année entière, quasiment. C’est également la possibilité de se prendre 8 semaines, voire 9, et de faire tout autre chose qu’aller au laboratoire pendant deux mois. Comme par exemple se faire un petit voyage dans un pays exotique de type Syrie, les billets doivent pas être bien cher en ce moment. C’est également la possibilité de prendre des jours à peu prêt n’importe quand, et en fonction de la flexibilité de votre administration (et du bon vouloir de votre encadrant/directeur de thèse), sans forcément prévenir, ou même les poser une fois les congés pris. Vous l’aurez compris, tout est faisable à votre bon vouloir, c’est presque comme Minecraft, les Creepers en moins.

Alors pourquoi ne pas prendre tous ces jolis jours de congés ? Bah tout simplement parce que vous êtes en thèse. Argument imparable, article bouclé, applaudissements, merci de votre attention, on se retrouve dans six mois… Faire une thèse est un travail de longue haleine, une sorte de longue course d’endurance, et s’il faut lâcher un peu de lest pour tenir jusqu’au bout, on ne peut se permettre de trop se laisser aller sous peine de se faire rattraper par d’autres. Car même en recherche, il y a de la compétition. Imaginez-donc un marathon et ce qu’il se passe si, à chaque point de ravitaillement, au lieu de simplement prendre une gorgée d’eau, un coureur se paie 2 min’ pour souffler. A votre avis, arrivera-t-il premier ?

« C’est moi que j’vais publier en premier !! »

Et même sans cet aspect de compétition, le timing est limité. Trois ans, en vérité ça passe super vite (hier encore, je proposais à Emilio de faire un blog pour raconter nos thèses, alors encore jeune et insouciant), et prendre du temps de repos, bah c’est du temps de travail en moins, des manips en moins, des résultats potentiels sur un coup de chance en moins, et ta publication dans un gros papier en moins (ou alors : sans ton nom dessus, mécréant). Et même si, au final, la décision n’appartient normalement qu’à nous, il y a des équipes où certains directeurs d’équipe, et peut-être que c’est encouragé par la compétition, disent à leurs thésards « tu peux prendre des congés, mais c’est ta carrière que tu mets en jeu hihihi » (puisque ceux qui travaillent, mais dans l’autre équipe là, tu sais, où ils te volent ton sujet, bah ils publieront avant toi hihihi). Et d’autres où on vous encouragera au contraire, à prendre vos jours, parce qu’un doctorant reposé sera plus efficace qu’un thésard éreinté. Mais méfiez-vous : si on vous conseille tout le temps de partir du labo, c’est aussi peut-être que vous êtes un boulet.

En résulte alors une certaine attitude des doctorants envers ses congés. Malgré le nombre énorme de jours accordés, on va essayer d’en poser le moins possible. Ce qui est totalement absurde (vous comprendrez encore mieux par après), mais comme ça le chef d’équipe tyrannique n’y verra que du feu, puisqu’en les posant astucieusement, genre près de jours fériés en semaine et de « ponts » stratégiques, vous pouvez avoir un long temps de repos avec 1 seul jour posé. Libre à vous de vous écrier « HAHA comment je t’ai niquéééé !! » à sa figure par après. L’autre versant de l’attitude, c’est un peu le concours de qui a la plus grosse, mais à la « qui prend le moins de vacances » ; comme s’il fallait justifier de s’éreinter au travail au travers d’une certaine reconnaissance (ou admiration) de la part de ses confrères. C’est un peu le même principe du « qui fait le plus d’heures par jour » ou « qui vient le plus travailler le week-end ». Ça se voit surtout parmi les premières années, quand la motivation est à son plus haut et qu’il n’y a que la Science pour motiver votre raison d’être – puis ça se calme généralement, quand ils comprennent que de toute façon travailler 100 heures par semaine ça va pas amener le gouvernement à créer plus d’emplois dans le secteur. Je dirais même plus que ce genre d’attitude est délétère parce que ça fait peur d’envisager de payer autant d’heures supplémentaires, non mais !

Bon, très bien, mais que faire alors de tous ces jours qui ne sont pas pris ? C’est là que la blague en devient encore plus drôle. Normalement, entre doctorants, bah on est tous censés avoir le même contrat. Sauf qu’en fait… BAH NON ! Surprise ! Il y a quelques petites différences qui ont une importance toute relative, mais tout de même. Par exemple, le compte épargne-temps, ou CET. Une bonne idée que voilà, qui permet d’épargner les jours non posés et à partir d’un certain nombre, les voir transformés en salaire. Sauf que, en fonction de votre contrat, un doctorant peut ou ne peut pas avoir l’ouverture d’un CET. Par exemple, si comme moi tu bénéficies d’un contrat ministériel et que t’es employé par une Université : bah t’y as pas droit. Mais si c’est le CNRS qui t’embauche directement : alors t’y as droit. Injustice, révolte, Marianne et Jean-Luc Mélenchon. Du coup, les jours non pris s’envolent et sont cadeau pour le CNRS. Mais n’allez pas croire que balancer « grâce à moi vous avez économisé 100 jours de CP » à votre concours d’entrée pour être CR vous sauvera la mise pour autant. Les cadeaux, vous leur en faites, mais ce sera jamais réciproque, ou bien vous croyez aux contes de fées.

Au sommaire du Fake Science Monthly également : « Les rédacteurs d’OSAG ne sont pas aigris »

Vous comprendrez donc facilement le léger sentiment de frustration que peut avoir le thésard qui dispose, par droit, d’un certain nombre de jours tout en sachant qu’il ne pourra pas vraiment les prendre au risque d’avoir du retard sur sa thèse qui n’avance pas (ceci est un pléonasme) ou simplement de se sentir coupable par après. Qui ne s’est jamais dit, allongé sur un transat au bord de la plage, et sirotant un Cuba Libre, que mince, tout de même, cette extraction de protéine/ce bagage de cigogne/cette falsification de données sur les dernières données du glioblastome (rayer la mention inutile) ne va pas se faire toute seule ? Il y aurait bien sûr une solution : ne donner que 5 jours de CP par an à un thésard. Comme ça on serait tous ultra heureux de pouvoir les prendre. Un peu comme quand nos parents recevaient des mandarines à Noël. Je suis sûr que les hautes instances du CNRS seraient d’accord avec moi !

Quoi qu’il en soit, il est totalement absurde de parler de repos, de détentes et de vacances sur un blog consacré à la réalisation d’une thèse, parce que la recherche, la science, le savoir, les expériences, la passion, l’abnégation, le travail, l’endurance, la pugnacité, la persévérance, la motivation, le courage, et l’alcool, sont autant de valeurs qui ont bien plus d’importance au jour le jour que les trois premières dont je parlais.

Et sur ces belles paroles, je vous laisse, j’ai un week-end à Londres à préparer.

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2K14

Hé oui, si vous nous suivez depuis un peu plus d’un an (ce qui techniquement, est impossible si vous ne vous appelez pas Annie T. puisqu’elle était la seule à nous lire à ce moment là – ou presque, manifestez-vous !!), vous aurez remarqué la similitude du titre de cet article avec celui que j’avais sobrement intitulé « 2K13 ». J’espère que la bande de canailles que vous êtes aura réussi à déchiffrer habilement ce petit code de chiffres et de lettres et oui, 2K13 ça fait bien KK13, et c’était juste une façon simple mais déguisée de continuer à mettre le mot « caca » sur notre blog histoire d’augmenter notre référencement (parce qu’on est premier pour « thèse de biologie » mais pas encore pour « caca » et c’est très frustrant) et surtout de se faire bien voir par nos confrères scientifiques qui passent par là (et il y en a, Ô joie !) et qui se disent « ha voilà un blog très intéressant, il y a des sujets très divers et… » *regarde le nuage de tags* « … et qui est en fait tenu par des lycéens avec un certain retard mental ». C’est comme Emilio qui me disait l’autre jour avoir croisé sa directrice de thèse dans le couloir, et qu’elle lui avait dit « Ha, Emilio, très bien ton article sur le caca, j’ai adoré ! » et j’ai pas très bien compris de QUEL article elle parlait, il y en a tellement.

Mais trêves de divagations (vous savez comme j’aime vous perdre par ma verve hardie) !! L’an dernier, j’avais voulu faire un petit bilan de comment je ressentais ma thèse au bout de 3 petits mois. L’occasion encore une fois de se lamenter un petit peu en racontant Ô combien certaines journées sont frustrantes, comment le café c’est important, et comment il faut avoir des discussions avec les gens et tout et tout. Point de redite cette année, non ! Pour certaines raisons assez simples : tout simplement parce que la thèse c’est toujours un peu pareil depuis Janvier – par rapport à la frustration et tout (même si bien évidemment j’ai progressé sur mon sujet, j’ai des résultats d’expériences, mais là n’est pas la question), mais surtout que je ne bois plus de café (parce que mon médecin me l’a déconseillé et que, il faut être franc, ça donne envie de faire caca très vite — YEP ! Encore une fois placé dans un article youuhouuuu) ! Cette année je préfèrerais plutôt faire une liste de souhaits pour les douze mois à venir ! Que pourrait nous apporter 2014 ? Que pourrait VOUS apporter 2014 ? Et qu’attendez vous d’OSAG pour 2014 (oui parce qu’il faut qu’on tienne jusqu’à Septembre 2015 au bas mot alors on aimerait bien que vous soyez encore là à ce moment !!) ??

Non parce que sinon on va devoir vous mettre des photos de femmes sexy pour vous rameuter !

Comme pour tous les voeux de nouvelle année que tout le monde s’échange, ce qu’on peut souhaiter aux doctorants pour 2014, moi y compris, est d’une banalité incroyable : des résultats de manips qui marchent et qui soient interprétables, des publications en nombre et dans des super journaux (ce qui est en contradiction totale avec mon discours sur la publication, j’en suis bien conscient, mais hé ! ce sont des souhaits que je vous fais, et depuis quand les souhaits se réalisent-ils hein ?), la gloire, la célébrité, du nouveau matériel avec un labo refait à neuf et une machine à café qui propose un supplément noisette gratuit (le supplément noisette il est gratuit, mais le café il est pas gratuit), un nouvel ordinateur pour regarder encore plus de vidéos de lolcats sur Youtube pendant que vous déprimez sur la pile de papiers à lire qui s’accumule… Enfin non, je crois que la seule chose réellement importante et que je vous souhaite, c’est simplement que vous vous plaisiez là où vous êtes, et à faire ce que vous faites. Que se lever le matin et partir au labo ne soit pas un calvaire pour vous mais au contraire que ça illumine votre journée tellement fort que même à 7h du mat’ en plein Janvier vous y verrez assez pour ne pas avoir à allumer vos phares (je décline toute responsabilité en cas d’accident prochain). Et même si vous ne faites pas de thèse d’ailleurs, c’est pareil. Et je me rappelle qu’un certain nombre d’entre vous sont des cailloux. Hé bien dans ce cas, laissez-moi vous souhaiter une joyeuse et minérale année.

Notre lectorat au grand complet !

Concernant le blog, nous avons (je dis bien « nous » même si je n’ai pas consulté Emilio concernant cette partie, du coup s’il est pas d’accord et qu’il m’insulte dans les commentaires ou que, suite à la lecture de l’article, il décide de tout arrêter : blog, thèse, travestisme, etc… hé bah ce sera de ma faute) bien sûr toujours des articles en projet pour l’année à venir, avec bien sûr l’essai de se renouveler tout en continuant notre ligne éditoriale Ô combien mûre, rigoureuse, et réfléchie. Personnellement, j’aimerai bien vous proposer des contenus un peu plus haut en images que ce qu’on fait actuellement (comprendre, moins de pâtés et plus de photos) – mais ça nécessite d’avoir des trucs un peu intéressants à vous montrer (ce qui n’est pas sans rappeler notre ami Quentin S. qui est actuellement parti 6 mois sur des îles glacées pour étudier des manchots). Bien sûr, le système de « guest-blogging » est toujours ouvert et nous invitons qui le veut à venir nous raconter quelque chose, quand il en a envie ; on est pas les seuls à faire une thèse (ou pas d’ailleurs), et on est sûr que vous avez plein de choses à partager, alors n’hésitez pas ! Enfin, et ça j’en ai parlé avec mon compère barbu qui tient plus du chaînon manquant qu’autre chose à présent, d’essayer de faire des petites vidéos. Voilà, aucune idée de ce qu’on pourrait raconter dedans et tout, mais l’idée a le mérite d’être exposée.

Je vais donc vous laisser sur ces quelques mots, mais que vous soyez rassurés, dès les prochaines semaines nous recommencerons à râler contre tout et n’importe quoi, pour un oui pour un non, parce que c’est ce qu’on aime faire de mieux. De vous raconter nos histoires de doctorants et de ce qu’on fait, parce que c’est le but derrière la création de ce blog. Et on espère que vous prendrez toujours autant de plaisir à nous suivre !

BONNE ANNAY LAY KOPAINS !!!!

Arnaud

Arnaud, dans sa grande mansuétude, a tout d’abord signé la première partie de cet article de nos deux noms, alors même que je n’avais strictement pas participé ni de près ni de loin à sa rédaction. Comme présenter ses vœux n’est pas non plus une tâche insurmontable, je m’en vais vous écrire quelques lignes pour vous les souhaiter, parler un peu de l’avenir du blog et surtout rallonger l’article, ce qui donnera un certain professionnalisme à l’ensemble (qui en a déjà perdu pas mal au regard de son premier paragraphe).
Donc, tout d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne année. 2013 a été ce qu’elle a pu, c’est à dire pas grand chose. On a été nombreux à galérer dans nos thèses/boulots/vies sentimentales respectives, et cette nouvelle année ne peut être pour nous tous qu’un nouveau départ salvateur, une chance nouvelle de mettre les compteurs à zéros, de rééquilibrer son karma en quelque sorte. Je vais faire comme l’ensemble des membres de votre entourage, en vous souhaitant plein de bonnes choses, pleins de publis (si vous êtes en thèse ou dans la recherche), plein de contrats/commandes/ventes (si vous avez un vrai travail), d’avoir enfin un vrai travail (avec un vrai salaire en argent à la fin du mois), et une vie sentimentale moins dissolue, ou au moins existante.
Vous l’aurez remarqué à force, un des buts principaux de ce blog est pour Arnaud et moi de nous plaindre auprès d’un public compatissant et grandissant (encore merci au passage d’être toujours plus nombreux à nous suivre), tout en économisant au passage le prix d’un thérapeute spécialisé dans les troubles psychiatriques. Mais cette fois-ci, je vais déroger à la règle. Évidemment, j’aimerais que ma thèse avance plus vite. Et bien évidemment, je rêverais de pouvoir enfin dire : « Ouais j’ai écris un papier là-dessus, je te l’enverrai si t’as envie ». Mais tout cela devra attendre encore un peu, même si c’est en bonne voie. Je positive en ce début d’année, je sais pas ce qui me prend, mais j’ai envie d’y croire. 2014 sera mon année, je sens que je vais tout déchirer. Rendez-vous donc dans 2 mois pour l’article où je vous dirai que 2014 sera une année minable pour moi.

Il en faut pour tout le monde, même les zoophiles

Il en faut pour tout le monde, même les zoophiles

Concernant l’avenir du blog, Arnaud a déjà soulevé pas mal de petites choses dans sa partie, donc je vais éviter les redites. Sachez juste qu’on a encore 400 000 idées d’articles à écrire, et que ces derniers continueront à évoluer dans une optique beaucoup plus plaisante à lire pour vous. Je (on) aimerait vraiment pondre des articles qui présentent un bon compromis entre quelque chose d’intéressant, de drôle et de plaisant à écrire pour nous. On se rapproche de plus en plus d’un format qui nous satisfait, et je pense que sauf gros accident (que l’un de nous meurt, ou qu’on décide soudainement d’écrire sur les géraniums en pots) les articles s’amélioreront encore dans les mois à venir (et SBIM, grosse pression pour nous). Et ne vous inquiétez pas, comme vous avez pu le voir, ce n’est pas parce que vous êtes nombreux à nous lire et que certains d’entre vous occupent peut-être des postes académiques importants que nous cesserons d’être ce que nous sommes, c’est à dire matures, drôles et rigoureux.

"Bordel Bernard !! T'en as pas marre d'aller sur ce blog scatophile ?"

« Bordel Bernard !! T’en as pas marre d’aller sur ce blog scatophile ? »

Je réitère également l’appel de mon camarade : le guest-blogging c’est cool, tout le monde y gagne. Vous pouvez écrire ce que vous voulez (littéralement) et être publié dans notre blog. Vous n’aurez pas la contrainte de tenir un site sur le long terme, de trouver des nouvelles idées d’articles tout le temps, de gérer les commentaires incompréhensibles d’internautes grecs ivres d’alcool et de feta, etc… La gloire de l’écrivain sans les galères, les nanas, et la drogue. De notre côté, ça permet de confronter les points de vue dans un domaine que nous connaissons tous (le fabuleux monde de la thèse), de garder le blog vivant et de donner l’impression qu’on respecte l’opinion des autres.
Vous avez un sujet passionnant en tête et une furieuse envie d’écrire, et bah faites-vous plaisir, on vous publiera !!
Dernier point, et après je vous laisse. Concernant l’idée des vidéos, l’idée a germé dans la tête de ce facétieux Arnaud il y a de cela quelques temps. Bien évidemment, on en fera uniquement si on trouve des idées intéressantes à porter sous ce format. Faire des vidéos pour faire des vidéos n’a pas trop d’intérêt, on aimerait évidemment faire quelque chose de drôle (si possible extrêmement drôle) et qui parle du doctorat (forcément). Ca va demander énormément de travail, donc si les conditions de temps, d’envie, d’inspiration et de talent sont réunis, on le fera, mais pas avant.

Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter encore une excellente année à toutes et à tous. Puisse 2014 vous apporter le calme d’une paix intérieure et la force de mener la guerre du quotidien.

Emilio

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[Guest] Il doit y avoir une couille

Hé non ! Le guest blogging n’est pas mort ! Nous croulons littéralement sous les demandes d’écriture et nous faisons ce que nous pouvons pour tout lire, tout reviewer, envoyer nos commentaires et demander des expériences paragraphes supplémentaires. Aujourd’hui, c’est Delphine qui veut nous parler de son doctorat. Delphine que vous aurez déjà vu mentionnée dans certains articles du blog et pour cause, elle fait partie de notre fan club ultra sélect. De là à dire qu’il y a eu piston pour qu’elle puisse écrire chez nous, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. Mais laissons plutôt la parole à celle venue partager son expérience avec nous aujourd’hui…

***

D’après ma chère Annie : « Après un master en sciences, il y en a qui s’engagent pour une thèse suite aux fameux concours « MRT » (comme nos deux comparses), ceux qui trouvent du boulot et puis les autres. Moi je fais partie « des autres ». » Ce qui fait de moi une autre autre : en thèse mais pas grâce au concours MRT. Parce que franchement, exposer son projet et se faire hacher menu après, non merci.

Je n’ai pas pu poursuivre en thèse dans le laboratoire où j’ai passé toute mon année de Master 2. J’aurais voulu rester, ils auraient voulu me garder, mais je n’avais pas un assez bon dossier pour avoir l’opportunité de tenter ma chance au concours (ouuuuuuh la mauvaise ! Allez-y, lapidez-moi place Klébeurk). Et l’équipe n’avait aucun financement sous le coude… Me voilà donc à postuler à Pôle emploi quelques jours après l’obtention de mon diplôme (« mais ch’est fou le nombwe de jeunes que je vwois ici avec un pacou’ bwillant comme le vôtwe ! »), en mode à la bourre, mon dossier non complété et gueule de bois. Or just… la classe.

J’avais passé un an à étudier l’anophèle, le moustique vecteur du parasite Plasmodium responsable du paludisme. Mon souhait était de rester dans une thématique semblable : une maladie bien dégueu transmise par une bête repoussante. L’étude d’un insecte vecteur, ou du micro-organisme qu’il véhicule. D’ailleurs en première année, j’avais bossé sur la borréliose de Lyme, maladie transmise par la piqûre d’une tique infectée par une bactérie.

tique

Une tique peut prendre jusqu’à 300 fois son poids en se nourrissant de sang.
Quand je vous disais que j’aime les maladies crades.

Ou alors un truc qui n’a rien à voir, dans un labo réputé pour sa mauvaise ambiance mais sur Strasbourg. Ou le sujet de mes rêves au Canada. Ou un truc naze dans une ville toute aussi naze. Ou juste QUELQUE CHOSE, bordel de cul.

J’ai envoyé de rares candidatures spontanées, une poignée de candidatures en réponse à une offre. J’ai eu un entretien environ 2 mois après la fin du Master, sur Paris, pour travailler en immunologie, mon second amour après Bernard Pivot et les chips ondulées la parasitologie. Une centaine de candidatures, 11 personnes contactées pour un entretien. Je suis assez fière de cette aventure, même si au final ça n’a servi à rien (mais si, une première expérience d’entretien, un entraînement pour ceux qui suivront !) : je suis arrivée 3ème, ce qui signifie qu’il fallait que les deux premières personnes se désistent. Ce n’est pas arrivé, et c’est cool. Parce que je serais allée vivre à Paris où, comme chacun le sait, l’air qu’on y respire a déjà été pété trois fois.

LE coup de fil de ma vie m’a été passé par mon tuteur de stage de master et qui ressemblait à peu près à ça : « Delphine !? T’es assise ? La directrice d’une autre équipe de l’Institut a un financement de doctorat pour travailler sur Plasmodium ! Ça t’intéresse ? Une membre de l’équipe s’en va bientôt et elle n’a encore personne pour poursuivre le projet.»

WHAAAAT? Attends. Stop. Just. Wait. Gné. La meuf : 1) sur Strasbourg 2) dans un Institut que je connais déjà 3) cherche quelqu’un 4) pour une thèse 5) pour travailler sur le paludisme 5bis) qui implique de travailler en partie avec mon ancienne équipe 6) pour commencer le plus vite possible et 7) a déjà le financement.

Putain, je la veux cette thèse.

Ce serait trop beau pour être vrai… il doit y avoir une couille quelque part.

Je passe rapidement sur la suite : j’écris un mail à mi-chemin entre la lettre de motivation et la demande de rendez-vous puisque je sais déjà qu’elle souhaite me rencontrer. Je passe l’entretien deux jours plus tard où elle me présente le projet, qui m’a l’air fancy au possible, session questions et tout et tout. Le courant passe bien. Elle m’a l’air très rigoureuse et ça me plaît, vu que je suis du genre à commencer 5 000 trucs et ne rien finir. Elle me propose de venir quelques jours plus tard pour qu’on se capte et qu’on s’dise quoi. Genre je vais venir pour qu’on se dise non mutuellement. Dans la semaine, je me fais chier en attendant le D-day. Je traîne sur le site du labo pour voir un peu la description des projets des autres équipes copines, puis je vais revoir la composition de l’équipe où j’ai eu mon entretien, histoire de revoir les prénoms de chacune. Et là. Et là O.o

WHAAAAT ? Attends. Stop. Just. Wait. Gné. Le retour. Mon nom. Mon prénom. Mon adresse mail CNRS. Mon numéro de pièce. Mon 03 où me joindre, si siiii ^^. Deux points. PhD student. Ah bon ?

Euuuh… alors j’ai pas encore donné ma réponse hein, mais non allez-y, vous faites pas chier, mettez-moi sur le site. J’ai donc appris que j’étais prise par une bourde de la secrétaire à qui ma directrice avait dit qu’elle aurait PEUT-ÊTRE une nouvelle doctorante et qui a mis la charrue avant les bœufs. Coup de fil bredouillant au labo, signatures, tout ça tout ça… Et voilà, ça y est, je suis en thèse quoi. Tant de nouvelles compétences à acquérir, de manips à foirer lamentablement, de piqûres de moustiques à gratter, de nouveaux gens à rencontrer, de bières à boire avec eux, de… de talks à faire ? Haha, cette blague, ce flou artistique quand tu apprends à peine arrivée que tu dois :

  1. Faire une présentation
  2. Dans 3 jours
  3. En anglais
  4. Devant toute ta nouvelle unité
  5. Dans une salle avec une estrade et des fauteuils moelleux
  6. Pour présenter ton sujet que tu ne connais pas
  7. Et où tu seras cruellement comparée aux autres nouveaux doctorants qui eux sont dans la maison depuis leur M2, qui ont donc déjà apprivoisé leur projet depuis un an. Diantre, ils vont peut-être même montrer des résultats quoi. DES RÉSULTATS.

 Le jour de la présentation arrive et je me demande si on va me jeter des pierres ou des tomates molles. Hum… mais ce n’est pas aussi désagréable que ce que j’avais imaginé. Je me sens tout chose d’être assise à côté d’un collègue thésard. Bon, il travaille sur une bactérie (d’ailleurs il en parle sur un blog avec un ami qui lui bosse sur les cigognes, ndlr). C’est moyen moyen mais il a montré des images avec des molécules en forme de bite alors c’est plutôt encourageant. Sûrement un message, une façon de me dire que je lui plais, qu’on pourrait faire des choses sensuellement sales sous nos blouses blanches ou alors cul nu contre une cage d’anophèles …

rsaC

Franchement

(ellipse narrative)

Cela fera un an dans quelques jours que j’ai commencé et le bilan est vraiment positif. Déjà, j’ai pécho le mec en question. Ensuite, j’aime vraiment mon sujet. Il est basé sur une découverte de mon équipe et c’est super motivant pour moi de savoir que ma problématique est (a priori) étudiée nulle part ailleurs. Le phénomène que j’essaie de caractériser est vraiment original et je pense qu’il y a de quoi faire de très belles études avec ça. J’apprécie aussi que mon travail contribue à la compréhension d’un parasite qui tue plein d’Africains. Parce que je veux créer des médicaments et sauver le monde, surtout les enfants, et gagner des tonnes de fric à ne plus savoir quoi en faire. Enfin non en fait les Africains sont trop pauvres pour acheter des vaccins. Bon, j’y réfléchis.

PAR CONTRE. PAR CONTRE. PAR CONTRE. Je ne vais pas développer l’aspect « je n’ai pas avancé autant en un an que ce que j’espérais » parce que bon, ya pas grand-chose à dire là-dessus. En revanche, être la seule à bosser sur Plasmodium dans tout l’Institut est parfois très frustrant. Ma directrice m’a déjà posé des questions vraiment basiques sur comment travailler avec, et soit 1) j’en sais rien et mission biblio pour des questions techniques simples, soit 2) je peux lui répondre et ça me fait flipper de savoir des trucs sur Plasmodium qu’elle ne sait pas vu que j’ai pratiquement aucune expérience antérieure là-dessus. J’ajouterais également que travailler avec un parasite, c’est la merde. On ne peut pas en faire des stocks congelés puis les cultiver par millions sur des boîtes de Pétri comme de bêtes bactéries. Non, ce parasite ne mange pas de cette gélose-là et ne se développe que dans des moustiques et des souris. C’est très long et très chiant car je gère mon élevage de moustiques moi-même, les infections etc. Ça m’amène parfois à confier pas mal de travail à une équipe qui n’est plus la mienne et même s’ils sont toujours très disponibles pour moi, c’est une situation un peu délicate.

Nous avons une collaboration avec une équipe spécialiste de Plasmodium, sur Paris, et j’y suis déjà allée plusieurs fois pour bosser là-bas. Comme c’était cool d’y aller, de pouvoir parler de sporozoïtes, de dissections d’intestins et de glandes salivaires de moustiques à qui voulait l’entendre, le tout sans que personne ne me regarde « en haussant un sourcil désintéressé »©. J’y vois des annonces de séminaires auxquels j’adorerais aller, avec du paludisme en veux-tu en voilà, des trypanosomes, de la dengue, et tout ce genre de trucs qui me font rêver.

En résumé, c’est parfois difficile de bosser sur un projet pour lequel mon intérêt initial est complètement différent de celui de ma directrice et même de tout le reste de mon unité. Mais ça me fait découvrir plein de nouvelles techniques, j’apprends beaucoup, et c’est bien pour ça que je me suis lancée dans cette aventure.

PS : le gargarisme d’Emilio s’étend sur 1558 mots, celui d’Arnaud sur 1627 mots, du coup j’estime que mes 1632 mots passent easy.

Delphine

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P*tain, un an !

Le titre de cet article est à la limite du mensonge puisqu’en vrai, nous avions ouvert le blog en Septembre. Nous faisons plutôt référence à notre première année de thèse écoulée. Du temps a passé, des larmes ont coulé, mais pas que. Nous avons aussi fait quelques dépressions, passé beaucoup de temps à boire pour oublier, Emilio s’est mis à fumer comme un pompier, je prends régulièrement de la drogue, et les manips n’ont toujours pas commencé à donner de VRAIS résultats. Vous savez, de ceux qui existent dans les contes et légendes de la Science, de ceux qu’on aperçoit des fois au loin, de ceux qui te permettent de publier – parfois, si vous ne tombez pas en face d’une horde de peer-reviewers aux yeux acérés qui vous diront que « non, votre test de Kricolw-Najauski ne donne qu’une p-value de 0,498 et ça ne suffit pas » et vous obligeront à recommencer l’analyse des données de votre fichier Excel de 3,4 Go. Bien sûr, ça peut encore plus mal se passer si en retour vous faites des allusions douteuses sur les relations qu’entretient le reviewer avec les membres de sa famille.

Alors pour fêter une année de labeur, de travail, de frustration, de déception, d’énervement, d’ébriété, de lamentations, de désespoir, de fatigue, d’isolation, d’aigreur, de caca (hé oui), et de procrastination sur le Internet, quelle autre meilleure façon que de faire un petit (du moins, on va essayer) article pour vous dire ce que nous pensons de l’année passée ? Oui, on aurait aussi pu faire une teuf avec des cadeaux pour tout le monde, mais un article c’est déjà pas mal. Nous vous proposerons également en second temps quelques statistiques amusantes du blog et, je spoile un peu désolé, on vous remerciera d’être là, d’être présents et de nous donner nos 5 visites par jour qui comptent pour nous autant qu’une pipe compte à un Hobbit. Ou une pipe pour un homme de façon plus générale.

1. Un an après, par Arnaud

C’est donc à moi d’accomplir la lourde tâche de continuer cet article après cette superbe introduction que j’ai moi-même rédigée. Et donc de vous dire comment je ressens le fait d’être un doctorant, un an après avoir commencé. Au premier abord, je suis toujours en vie, et c’est déjà plutôt un bon point. On m’avait dit que faire une thèse, c’est une succession de hauts et de bas, avec plus de bas que de hauts par ailleurs. De mon point de vue, si cette tendance n’est pas illusoire, elle ne s’est pas autant manifestée que je m’y attendais. En fait, et c’est encore plus vrai depuis ces derniers temps, je suis sur une sorte de courbe toute plate – comme le relief de Belgique ou une fille de douze ans – et assez morne : je n’ai pas de grandes raisons d’aller chialer dans les jupes de la mère d’Emilio, puisque je relativise en pensant à d’autres qui ont des soucis (au labo, j’entends) plus importants que ça. Mais je n’ai pas non plus de grosses raisons de m’extasier puisque soit mes manips ne marchent pas soit les résultats ne sont pas vraiment interprétables. De plus, on m’a récemment appris que Gotham City n’existe pas – admirez ce petit teasing du prochain « Gargarisme et Auto-Satisfaction » en même temps qu’un coup de pub pour nos ennemis jurés du pire site de l’univers. Je n’ai pas envie de m’étaler sur un paragraphe dont la longueur serait inversement proportionnelle à celle d’un pénis de chinois (vous pouvez me dénoncer ici) alors je vais faire quelque points :

  • La Science c’est cool, mais à force de frustrations, d’échecs, de demi-réussites, une certaine lassitude s’installe, et remets en doute mes perspectives d’avenir. Parce qu’au vu de la situation actuelle et celle à venir, je ne doute que les choses s’arrangent.
  • La thèse au quotidien c’est quand même ‘achement sympa. Entre le café, les pauses-café, la pause pré-déjeuner, la pause-travail, le goûter, et ensuite l’apéro (qui s’achève quand tu ré-ouvres les yeux le lendemain matin), on ne voit clairement pas le temps passer. Vous ai-je dit que je prenais de la drogue ?
  • Faire de l’enseignement a été quelque chose d’absolument salvateur pour moi, en me permettant de m’adonner à une activité que j’affectione particulièrement et de me faire oublier la mornitude du labo.
  • Ce point-ci est un leurre, il n’y a rien de pertinent écrit ici. Haha, je vous ai bien eu.
  • Ceux qui se sont dit « Mais il n’y a rien de pertinent nulle part » en lisant le précédent point, je vous invite à aller voir ailleurs si j’y suis. NON. Je plaisante ! Restez, RESTEZ !!!

Je sais que je dois avoir l’air négatif mais je garde énormément de bon souvenirs de cette première année : les coups bus avec les collègues et les copains, les rigolades au labo, le fait de présenter des résultats motivants, ou de lire des papiers vraiment intéressants et bien foutus… Mais le truc qui m’a le plus marqué je pense, c’est la formation où j’ai dû (enfin, j’ai voulu) présenter mon sujet de thèse à une vingtaine de doctorants que je ne connaissais pas… déguisé en Batman.

2. Un an après, par Emilio

C’est toujours compliqué d’essayer de faire un bilan de quelque chose qui est encore loin d’être terminé. Nous sommes théoriquement seulement au tiers de notre thèse, et pourtant il y a déjà tant de choses à raconter, tant de peines à partager, tant de joie à décrire. Je vais essayer d’être aussi concis que mon camarade afin d’éviter de vous saouler avec un article par ailleurs déjà trop long.
Comme Nono, si je vous écris aujourd’hui cela prouve bien que je ne suis pas mort, que je vais passablement bien, et que donc la thèse n’aura réussi qu’à tuer une partie de mon dynamisme, de ma motivation et de mes espoirs (à défaut de me tuer tout court). J’avoue avoir été très rapidement  surpris par l’engagement que demande une thèse : on pense pouvoir gérer le stress et les inquiétudes, et on se retrouve au final à ne penser en grande partie qu’à ça. C’est comme un énorme vortex, un tourbillon gigantesque qui vous aspire littéralement, et il faut lutter pour vivre, penser à autre chose. La thèse est un travail, mais le fait est qu’il s’insinue pernicieusement dans votre esprit, à tel point qu’il se retrouve être le seul sujet de conversation que vous pourrez avoir avec les Moldus (ce qui va vous rendre d’emblée chiant, aigri et condescendant (les escaliers)).
Mes recherches ont vécu autant de hauts et de bas qu’une piste de motocross, et la tendance est à la chute depuis pas mal de mois maintenant. Quand vous accumulez une poisse légendaire avec des obstacles insurmontables, vous vous retrouvez à changer en partie de sujet de thèse au bout d’un an. Je ne me plains pas, ça aurait pu être largement pire, j’aurais pu ne pas avoir de porte de secours, mais le fait est qu’accumuler les échecs amène une certaine lassitude qu’il devient difficile de combattre. Il faut espérer que l’avenir sera auréolé de papiers prestigieux (Objectif : deux Nature et un Cell même si c’est pas mon domaine) et de résultats magnifiques, sinon je vais encore faire des articles où je me plains.

Mais, de manière beaucoup plus positive, la thèse se révèle être sur d’autres plans (notamment humain) une expérience formidable. L’aspect social de la thèse est une part importante, pour ne pas dire cruciale, et pouvoir compter sur un entourage jovial, compréhensif et alcoolique permet de se lever le matin en ayant envie d’aller au boulot. J’ai eu l’occasion de voyager un peu lors de ma première année (d’ailleurs je vous écrit de Bourgoin-Jallieu mes braves !), ce qui m’a permis de voir un peu du pays (Saint-Malo, Montpellier, Lyon, etc…). C’est pas non plus exceptionnel comme voyages pour le moment, mais c’est un aspect positif qu’on ne saurait négliger.

En somme, plus j’avance, plus ça devient difficile, et plus je suis incertain quand à mon avenir (l’après-thèse). En attendant des résultats et des papiers qui justifieront le fric que l’état débourse pour moi (100 000€ sur trois ans, rien à faire de la clause de confidentialité, j’suis un ouf’ !), je serre les dents en compagnie de gens au moins aussi déprimés et déprimants que moi, à cramer mes sous dans des liquides alcoolisés en enviant le barman pour sa stabilité mentale et professionnelle.

PS: Si vous voulez savoir à quoi je ressemble désormais (barbe et cheveux encore plus longs) et sur quoi je travaille exactement, c’est ICI

3. Les statistiques, des fois, c’est rigolo 

Il faut savoir que WordPress met à disposition pour les blogueurs un panel d’indices et de données qui renseignent notamment sur la provenance des visites. En gros, on peut savoir dans une certaine mesure qui vient sur notre site : combien vous êtes exactement, de quel pays vous êtes originaire, quels mots-clés vous avez tapé dans vos moteurs de recherche ou à partir de quel site vous venez. En plus d’être assez informatif sur nos lecteurs et l’intérêt que ces derniers portent à nos publications, cela se révèle être source de franche rigolade lorsqu’on se penche plus en détail sur certains de ces indices.

Tout d’abord, les pays d’origine. Il faut dire qu’à partir du moment où nous avons communiqué nos publications sur Facebook, les visites ont quasi sextuplé (sexe  steuplait ?). Cela a induit un meilleur référencement de notre site sur les moteurs de recherche type Google et autres, ce qui a permis à notre site d’augmenter sa visibilité aux yeux du monde. Mais voyez-vous même :

Nous remercions plus particulièrement nos lecteurs finlandais et taïwanais qui ont dû bien se demander ce qu’ils foutaient là.

Nous sommes forcément très heureux de voir que notre blog sort des frontières de notre modeste pays, et qu’il atteint même des contrées surprenantes et non-francophones. On serait curieux de voir comment ces gens sont arrivés ici, et surtout ce qu’ils ont pu comprendre de nos articles. Il faut bien se rendre compte qu’un Grec qui tombe par mégarde sur notre blog ne doit pas comprendre un traitre mot de ce qu’il se passe, se retrouvant dans l’incapacité de déterminer si le blog parle de nourriture pour hamsters ou de pêche à la ligne…

Mais le plus drôle, ce qui nous a valu de sacrés éclats de rire (car oui, nous savons rire aussi), ce sont les mots-clés utilisés par les gens avant de tomber sur notre blog. Il y en a tellement que nous avons dû les classer en différentes catégories :

Le « number one »

néron

Cette phrase, titre d’un des articles phares de notre blog (écrit par le talentueux Emilio), est le mot-clé le plus utilisé par les gens avant de tomber sur notre blog. Surprenant ? Pas vraiment. Cette phrase est issu d’une série de sketchs des feus Robins des Bois, meilleurs troupes de comiques de France. Les gens cherchent l’origine de cette phrase sur Google, et SBIM ! Une visite pour OSAG. La classe, la vraie, Auchan.

Ceux qui recherchent de l’aide…

aide

…et qui malheureusement sont tombés sur notre blog. À défaut de les avoir aidé, on espère les avoir divertis un peu dans leurs quêtes de savoirs.

Les rageux/dépressifs

rage

Eux on les aime bien. On se dit au final qu’on est pas les seuls, qu’il y a même pire. On sent toute la rage qu’ils emmagasinent tout au long de la journée, cette même rage qu’ils abandonnent sur leur clavier le soir venu afin de cracher leur venin sur les Internets. On sent la détresse de certains, détresse que nous avons pu également ressentir par moment. Merci les gens, et courage !

Les mots-clés que l’on prend comme des insultes personnelles

insultes

Merci beaucoup, et allez bien vous faire m*ttre

WTF ??!!??

wtf

Là on avoue n’avoir rien pigé. Si des gens peuvent nous éclairer sur le lien entre cette liste et notre blog on est preneur. Parce qu’à part nous dire que notre blog est lu par des pervers, des antisémites, des urophiles, des zoophiles ainsi que des trisomiques 21 atteint d’autisme sévère et ayant vécus dans une grotte jusqu’à leurs 16 ans, on voit pas très bien…

Pour conclure cette partie sur les mots-clés déjà bien longue, sachez qu’on commence, grâce au référencement, à avoir une place de choix dans les résultats que Google sort pour certains mots. Ainsi, nous sommes parmis les premiers résultats lorsque vous tapez « thèse biologie » ou encore « blog thèse biologie ». Tout ça c’est grâce à vous tous qui nous lisez, alors encore une fois merci bordel !

4. Ce titre de section vous est dédié 

Tout comme le reste de ce qui va suivre. On souhaiterait vraiment vous remercier d’être là, ceux qui le sont depuis le début, ceux qui nous ont rejoint en cours de route. En ce moment on tient une moyenne de 20 visites par jour (ou presque) et c’est GIGANTESQUE (bah ouais, au moins 20 fois plus) que ce qu’on faisait encore au début de l’année.

Le pic de 84 visites en plus, c’était même pas grâce à nous…

On vous remercie aussi de vos interventions, de vos mots doux, de vos commentaires sur le blog ou IRL (quel plaisir de s’entendre dire « nan mais c’est de la merde ce que vous faites »… Je plaisante, personne ne nous a jamais dit ça, évidemment. C’était de la « sous-merde », plus exactement). C’est super cool de lire vos réactions (Emilio en attrape même des érections fabuleuses) donc on vous invite à continuer à commenter nos bêtises, parce que ça fait vivre le site et que plus on est de fous plus on rit (j’aurais également pu dire que pierre qui roule n’amasse pas mousse ou qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, mais c’est un peu hors-propos).

On remercie également nos guests qui sont venus écrire et maintenir le site à flots quand on avait la flemme pas le temps. Il faut remarquer d’ailleurs que 100% des guests qui ont contribué à l’aventure OSAG ont par ailleurs ensuite ouvert leur propre blog. C’est triste parce que ça nous fait un manque de main d’oeuvre, mais quelque part on sent un peu fier en se disant qu’on a contribué à vous lancer dans votre épopée. En tous cas, si ça continue comme ça, on va créer toute une blogosphère strasbourgeoisicodoctorestudiantine ! Une sorte de famille (la famille, si siiiii) dont on serait les parrains. Donc, même si on dit du mal de vous, on vous souhaite bon courage pour ce que vous faites !!

Bon par contre c’est pas tout de dire merci, mais moi j’ai des gargarismes à finir.

Arnaud & Emilio

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